LLV LE MAG
Breaking NewsCameroon·News·13 Sept 2026, 04:12

Croissance à 3,5 %, coupures à répétition : le paradoxe économique du Cameroun en 2026

Entre une croissance visée à 3,5 % et des entreprises à l'arrêt faute d'électricité, le patronat camerounais somme SOCADEL, l'ex-ENEO renationalisée, de « remettre la lumière ».

0views2min read
Illustration éditoriale pour Croissance à 3,5 %, coupures à répétition : le paradoxe économique du Cameroun en 2026

Le gouvernement camerounais table sur une croissance de 3,5 % pour 2026 ; le Fonds monétaire international, plus prudent, l'évalue à 3,3 %. L'inflation, ramenée à 3,4 % en 2025, devrait se maintenir à un niveau proche l'an prochain. Sur le papier, la trajectoire macroéconomique tient.

Le tableau se ternit dès qu'on descend au niveau des entreprises. Réuni le 10 septembre à Douala pour sa deuxième Rencontre de la reprise économique, le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) a pointé un taux d'exécution des crédits d'investissement limité à 2,2 %, quand les dépenses de fonctionnement absorbent 79,2 % du budget public, contre seulement 20,8 % pour l'investissement.

L'électricité reste le point de friction le plus concret. Le 22 janvier 2026 déjà, le président du GECAM, Célestin Tawamba, résumait le paradoxe camerounais : « Plus on investit, moins il y a d'électricité. » Le 10 septembre, il l'a reformulé plus sèchement, à l'adresse de la nouvelle société publique d'électricité : « Remettez-nous la lumière ! » Selon le GECAM, 65 % des entreprises camerounaises dépendent aujourd'hui de groupes électrogènes, pour un coût d'autoproduction de 200 à 350 FCFA le kWh — contre 50 à 99 FCFA au tarif industriel —, un surcoût évalué à 13 milliards de FCFA par mois pour la seule industrie en janvier 2026.

Cette société, SOCADEL, est née en mai 2026 de la renationalisation d'ENEO : l'État camerounais a racheté pour 78 milliards de FCFA les 51 % détenus par le fonds britannique Actis, et détient désormais 100 % d'une entreprise au capital de 43,9 milliards de FCFA. Mais le changement de nom n'a pas effacé l'ardoise : SOCADEL a hérité d'une dette dépassant 800 milliards de FCFA et des mêmes difficultés de production.

L'illustration la plus concrète de ce grippage reste l'usine Cimencam de Figuil, dans le Nord : un investissement de 50 milliards de FCFA inauguré par le Premier ministre en juin 2025, contrainte à l'arrêt de sa production en juin 2026 après avoir été déconnectée du réseau interconnecté Nord — un an, presque jour pour jour, après sa mise en service.

🛍️

Shop abroad

Amazon, AliExpress, Alibaba… order and pay in FCFA

Paste the product link, get a quote, pay with Orange Money or MTN — delivered to you in Cameroon.

Order now →
views min read0 likes0 comments
Share
Sign in to like and rate this article.

Comments

Sign in to leave a comment.