Le 18 août 2026, deux jours après le sacre historique des Lionnes à Rabat, Samuel Eto'o écrit au ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi pour solliciter une audience. Objectif affiché : lui présenter officiellement le trophée de la CAN féminine. La réponse tombe le lendemain, sans détour : c'est non.
Dans un courrier daté du 19 août 2026, le ministre rappelle que recevoir les Lionnes et présenter le trophée relève de la seule prérogative du président de la République. Résultat : Eto'o était absent à l'aéroport comme lors de la parade à Yaoundé, le trophée ne lui ayant été présenté que plus tard, au siège de la Fecafoot.
Ce croisement protocolaire n'a rien d'une première. Depuis son élection à la présidence de la Fecafoot en 2021, Samuel Eto'o multiplie les initiatives de modernisation, souvent perçues comme autoritaires, qui l'ont déjà opposé à Mouelle Kombi en 2024 sur la nomination de Marc Brys à la tête des Lions Indomptables.
Derrière l'anecdote protocolaire se joue une question de fond : qui, de la fédération sportive ou de l'État, incarne la légitimité du football national ? En rappelant que la présentation du trophée revient au président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, le ministre réaffirme une ligne rouge institutionnelle que Samuel Eto'o, fort de sa popularité auprès des jeunes et des supporters, semble déterminé à tester régulièrement.
Ce nouvel épisode intervient à un moment délicat : le Cameroun se prépare à coorganiser la Coupe du Monde féminine 2027, et les fractures internes révélées par ce simple différend de protocole risquent de peser sur l'image d'unité que le pays cherche à projeter à l'approche de cet événement.




