Le Cameroun a décroché le 16 août 2026 son tout premier titre continental féminin, en dominant le Malawi 3-0 en finale de la CAN Féminine organisée au Maroc. Un sacre qui efface trois finales perdues face au Nigeria (2004, 2014, 2016) et hisse les Lionnes Indomptables au rang des grandes nations du football féminin africain, aux côtés du Nigeria, de la Guinée Équatoriale et de l'Afrique du Sud.
Dans cette épopée, une joueuse s'est imposée au-dessus du lot : Michaëly Bihina. À 22 ans, la gardienne formée à Social FC du Mbam puis à Canon de Yaoundé termine la compétition avec le Gant d'Or de meilleure gardienne du tournoi, un seul but encaissé en cinq matchs et un tournoi quasi parfait.
Son moment de légende, c'est la demi-finale contre le Maroc, conclue sur un score vierge après prolongation : Bihina y détourne d'abord un penalty décisif dans les arrêts de jeu, avant de repousser trois tirs supplémentaires lors de la séance fatidique pour envoyer le Cameroun en finale. Une performance qui lui a valu deux titres de Femme du Match sur le tournoi, contre le Nigeria en phase de groupes puis contre le Maroc en demi-finale.
Son parcours doit beaucoup à l'Éclair de Sa'a, où l'ancien gardien international André Onana l'a vue progresser avant son départ pour le Portugal. Passée par Racing Power en deuxième division, elle s'était déjà imposée comme la meilleure gardienne du championnat portugais lors de la saison 2023-2024, avec 14 clean sheets, avant de rejoindre Benfica en février 2026, avec qui elle a aussitôt remporté le doublé championnat-coupe.
Longtemps restée dans l'ombre du football masculin, la discipline féminine camerounaise tient avec cette génération une vitrine inédite. Et dans cette histoire collective, Michaëly Bihina, appelée à retrouver la compétition portugaise pour la reprise de la saison, en est déjà l'une des figures les plus marquantes.




