« Il a fait avancer le continent plus vite que quiconque avant lui. » La phrase, signée Samuel Eto'o dans un entretien accordé à CNN, a suffi à relancer une polémique que Gianni Infantino espérait éteinte. Le président de la Fecafoot vole ouvertement au secours du patron de la FIFA, alors que ce dernier encaisse les critiques les plus dures de son mandat.
En cause : un projet d'ouverture du capital de la Coupe du monde à des investisseurs privés, sans pourcentage précisé publiquement, qu'Infantino a dû mettre en retrait face à la fronde de plusieurs confédérations européennes. Eto'o, lui, regrette ce recul. Il reste convaincu que ce partenariat commercial aurait pu être une opportunité extraordinaire pour les Africains, en rééquilibrant un rapport de force qui pousse trop souvent les meilleurs talents du continent à représenter d'autres nations.
La Confédération africaine de football, présidée par Patrice Motsepe, a réaffirmé en août 2026 son soutien unanime à Infantino. Mais l'unanimité affichée masque des nuances : toutes les fédérations du continent n'endossent pas avec le même enthousiasme la ligne de la CAF, et certaines y voient un alignement qui sert d'abord les intérêts de Zurich plutôt que ceux du football local.
Le calcul d'Eto'o n'a rien d'anodin. En se posant en allié inconditionnel d'Infantino à l'approche d'une élection présidentielle prévue en mars 2027, il mise sur la continuité des programmes de financement — le FIFA Forward 3.0 en tête, qui a déjà injecté des fonds substantiels dans les infrastructures et la formation en Afrique. Un pari qui a un prix : celui de l'indépendance affichée du football africain sur la scène internationale.
Reste une question que les défenseurs d'Infantino balaient trop vite : un continent qui aligne ses positions sur celles de son bailleur de fonds a-t-il encore les moyens de peser dans les décisions qui le concernent directement ? Le débat, loin d'être tranché, continuera d'agiter les couloirs de la CAF bien après l'élection de 2027.




