Il y a des voix qui font vivre un genre musical loin des projecteurs, année après année, sans jamais renoncer. Alpha X db Jerusalem en fait partie : depuis près de six ans, cet artiste camerounais met sa voix au service d'une rumba congolaise chantée en eton, la langue du Centre du Cameroun — un mariage rare entre deux traditions musicales d'Afrique centrale.
Son dernier titre, « Fatherland Fever », mis en ligne le 17 août 2025, en est l'illustration la plus aboutie. Sur cinq minutes et demie, l'artiste y livre, selon ses propres mots, « une dédicace pour [son] beau pays le Cameroun ». La chaîne culturelle O+TV, qui a repris la vidéo de son côté, le présente sans détour comme un « artiste camerounais de la rumba congolaise en eton ».
Cette filiation avec la rumba congolaise n'est pas un hasard de style : dans une précédente vidéo, Alpha X db Jerusalem rend explicitement hommage à Papa Wemba, l'une des figures fondatrices du genre — la même école musicale qui a vu naître des noms comme Fally Ipupa. De quoi comprendre pourquoi certains auditeurs n'hésitent pas à le désigner comme un représentant camerounais de cette veine rumba.
Cette fidélité au genre s'accompagne d'un engagement plus ancien pour des thèmes de société : « Jerus@lem et les orphelins de la nation », consacré aux orphelins du pays, ou « Chante pour la paix au Cameroun (Kumba) », un appel à l'apaisement pour une ville durement marquée par la crise anglophone, comptent parmi ses titres antérieurs. Un fil rouge patriotique et social qui précède de plusieurs années « Fatherland Fever ».
Cet engagement a fini par être reconnu au-delà de son cercle de fidèles : en 2024, Alpha X db Jerusalem a remporté le premier prix de la catégorie Art musical aux MINDEF Artistic Majors Awards, une distinction annoncée sur le journal télévisé de 19h30, le rendez-vous d'information de référence au Cameroun.
Avec 189 abonnés sur sa chaîne YouTube et un titre déjà suivi par près de 4 000 personnes, Alpha X db Jerusalem reste, à sa façon, l'un de ces artistes indépendants qui tiennent à bout de bras une tradition musicale — loin des maisons de disques, mais fidèle à son pays et à son genre.




