Le 8 juillet 2026, le football camerounais se trouve sous le feu des critiques après l’absence confirmée du pays à la prochaine Coupe du monde. Sur le plateau de Neotempra TV, l’ancien international Joseph Antoine Bell a livré une analyse sans concession, rappelant que le problème ne se limite pas à un mauvais résultat isolé, mais s’inscrit dans une décadence structurelle qui dure depuis plusieurs décennies.
« Nous nous sommes présentés à la Coupe du monde à huit reprises. Et sur les huit fois, nous avons atteint les quarts de finale une seule fois et les autres fois, nous avons été éliminés au premier tour. Et ça n’a alerté personne. Donc ce n’est pas la première fois qu’on a un mauvais résultat », a déclaré Bell, rappelant les performances historiques du Cameroun sur la scène mondiale. Cette constatation, tirée de faits avérés, montre que les échecs répétés n’ont jamais suscité de remise en cause profonde.
Le cœur du problème, selon l’ancien portier, réside dans le manque de préparation et d’une vision à long terme. « Je peux vous dire que nous ne savons pas nous préparer. Autrefois, notre championnat produisait les deux champions d’Afrique sur la même année. Et depuis, ce n’est plus jamais arrivé. Ça veut dire que la cause vient d’autre part », explique-t-il. L’absence de clubs camerounais dominant le continent reflète une perte de compétitivité qui se répercute sur la sélection nationale.
Bell souligne également que la réflexion stratégique a été négligée. « Toute action part de la tête, de la pensée, qu’on doit réfléchir pour faire quelque chose. Si nous le faisons par hasard, voilà mon point de vue », a-t-il ajouté. Cette remarque met en lumière l’absence de planification méthodique, tant au niveau des fédérations que des clubs, qui empêche le pays de capitaliser sur son talent brut.
Le vétéran rappelle une prédiction qu’il avait formulée en 1984 : le Cameroun ne gagnerait plus jamais de compétition africaine. « J’avais dit en 1984 que le Cameroun ne gagnerait plus jamais de compétition africaine et, 40 ans plus tard, cette prédiction s’est malheureusement vérifiée », constate-t-il. Cette phrase, tirée du témoignage, souligne le poids du temps sur les espoirs déçus et la nécessité d’un revirement de cap urgent.
Pour les supporters, la situation est d’autant plus douloureuse que le football reste un vecteur d’unité nationale. La non‑qualification à la Coupe du monde 2026 prive les fans d’un moment de fierté collective et d’une vitrine internationale. Le manque de succès entraîne également des répercussions économiques, notamment la perte de revenus liés aux droits télévisés et aux sponsors.
Face à ce constat, Bell appelle à une refonte totale du système : investissement dans les académies, formation d’entraîneurs, et mise en place d’une feuille de route claire. « Si nous voulons redevenir une puissance du football africain, il faut commencer par penser, planifier et agir », conclut‑il. L’enjeu est de taille, mais la volonté de changement pourrait bien redonner aux Lions Indomptables la place qui leur revient sur la scène mondiale.
Les mois qui s’annoncent exigent une mobilisation collective – fédération, clubs, sponsors et supporters – pour transformer les leçons du passé en actions concrètes. Le football n’est pas seulement un sport, c’est le reflet d’une nation qui aspire à se relever et à briller à nouveau.




