LLV LE MAG
Cameroun·Économie·26 août 2026, 04:07

Cameroun : 3,3 % de croissance en 2025, un rebond porté par les infrastructures

Le Cameroun affiche une croissance estimée à 3,3 % en 2025, tirée par les secteurs non pétroliers. Les infrastructures énergétiques et portuaires dopent l'économie, malgré un recul de la production pétrolière.

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Illustration éditoriale pour Cameroun : 3,5 % de croissance en 2025, un rebond porté par les infrastructures

Le Cameroun, première économie de la zone CEMAC, cherche à diversifier son modèle économique pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Depuis 2020, le pays mise sur des mégaprojets infrastructurels pour stimuler la croissance, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports.

En 2025, cette stratégie semble porter ses fruits, avec une croissance estimée à 3,5 %, malgré un contexte régional marqué par des tensions inflationnistes et des défis budgétaires. Les autorités tablent sur une accélération progressive, avec des objectifs de 3,6 % en 2027 et 4,8 % en 2028.

La croissance économique du Cameroun s’élève à 3,3 % en 2025, contre 3,4 % en 2024 selon la Banque africaine de développement (BAD). Le secteur non pétrolier a progressé de 4,1 % en 2025, porté par la production d’énergie (+420 MW avec la mise en service progressive du barrage de Nachtigal) et le trafic portuaire (+15 % au port de Kribi). La production pétrolière a reculé de 5,2 % en 2025, selon la BAD, en raison de l’épuisement des gisements et des faibles investissements dans l’exploration. Le FMI estime la croissance à 3,3 % pour 2025, avec une inflation ramenée à 3,4 % grâce à une politique monétaire stricte et à la stabilisation des prix alimentaires. Les autorités camerounaises projettent une croissance de 3,3 % en 2026, soutenue par les secteurs agricole, manufacturier et des transports.

La performance économique du Cameroun en 2025 illustre une transition progressive vers un modèle moins dépendant des hydrocarbures. Le dynamisme des secteurs non pétroliers, notamment l’énergie et les infrastructures portuaires, compense partiellement le déclin de la production pétrolière, qui a chuté de près de 9 % en un an.

Cette résilience s’explique aussi par des réformes structurelles, comme la modernisation des infrastructures et l’amélioration de l’accès aux intrants agricoles. Cependant, les projections pour 2026 (3,3 %) restent en deçà des ambitions de la Stratégie Nationale de Développement, soulignant les défis persistants en matière de diversification et d’attractivité des investissements.

Pour le Cameroun et la sous-région CEMAC, cette croissance modérée offre une bouffée d’oxygène. Les investissements dans les infrastructures énergétiques et portuaires pourraient renforcer la compétitivité des entreprises locales, notamment dans l’agroalimentaire et la logistique. Cependant, la dépendance aux financements publics et aux partenariats internationaux reste un risque, dans un contexte de dette élevée et de pressions budgétaires.

Si le Cameroun confirme sa capacité à maintenir une croissance stable, les prochaines années seront cruciales pour consolider les gains des secteurs non pétroliers. L’enjeu sera de transformer ces performances en opportunités concrètes pour les PME et les ménages, tout en attirant des investissements privés durables.

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