Moody's a confirmé le 21 août la note souveraine du Cameroun à Caa1, assortie d'une perspective stable. Mais l'agence de notation a dans le même temps abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 3,4 %, invoquant des retards dans l'exécution budgétaire et dans les négociations avec le FMI pour un nouveau programme.
Trois fragilités structurelles nourrissent cette prudence : des liquidités tendues, une dette publique qui devrait atteindre 45 % du PIB en 2026, et un risque politique que Moody's qualifie sans détour de possible « transition présidentielle chaotique ».
Cette prudence politique n'est pas abstraite. L'élection présidentielle du 12 octobre 2025 et la proclamation de la victoire de Paul Biya par le Conseil constitutionnel, fin octobre, avaient déclenché des violences — notamment à Douala, où se concentrait près des deux tiers des pertes économiques nationales, chiffrées à plus de 250 milliards FCFA par le patronat camerounais. Une crise dont l'onde de choc continue, selon Moody's, de peser sur la capacité de l'État à boucler ses négociations avec le FMI.
Un programme économique avec le FMI est pourtant présenté comme un gage de crédibilité pour l'ensemble de la sous-région CEMAC, dont l'examen des politiques communes — initialement prévu en décembre 2025 — a lui aussi été reporté faute de visibilité politique suffisante.
Pour le Cameroun, ces retards répétés risquent de compliquer l'accès aux marchés financiers internationaux et d'ajouter une pression supplémentaire sur des entreprises déjà fragilisées par la crise post-électorale. Sans accord FMI à l'horizon proche, les réformes structurelles attendues par les investisseurs internationaux restent, elles aussi, en suspens.




