À Yaoundé, des familles inquiètes et des acteurs de la société civile ont uni leurs voix depuis le mois d'août sous une bannière commune : « Ramenez nos fils et nos frères ». Le collectif réclame des informations sur le sort de Camerounais partis, sous diverses promesses, rejoindre les rangs de l'armée russe.
Ses revendications tiennent en trois points : obtenir des nouvelles des disparus, permettre le rapatriement des corps de ceux qui sont morts au combat, et faire cesser des filières de recrutement qu'il qualifie de frauduleuses.
Ce mouvement s'inscrit dans la suite d'un épisode resté dans les mémoires : le 7 avril 2026, sur la base d'une note interne datée de la veille, le gouvernement camerounais a confirmé la mort de seize militaires contractuels camerounais ayant servi dans ce que Moscou appelle sa « zone d'opération militaire spéciale ». L'ambassade de Russie à Yaoundé avait alors transmis une liste de défunts au ministère des Relations extérieures, et les familles concernées avaient été invitées à se signaler via une annonce sur les ondes de la radio publique CRTV.
Cette confirmation d'avril reste, à ce jour, le seul bilan officiel communiqué : aucun décompte public plus large n'a été rendu public depuis, que ce soit sur le nombre total de Camerounais engagés ou sur d'éventuelles nouvelles victimes.
Le Cameroun n'est pas un cas isolé. Plusieurs enquêtes journalistiques ont documenté, à l'échelle du continent, des filières de recrutement s'appuyant sur des annonces trompeuses diffusées via les réseaux sociaux ou des prospectus, faisant miroiter des offres de formation ou d'emploi civil qui débouchent, une fois les recrues arrivées en Russie, sur un enrôlement militaire.
Pour l'heure, le collectif camerounais poursuit ses démarches auprès des autorités sans qu'aucune réponse publique n'ait été apportée à ses trois revendications.




