Depuis 2024, la Russie intensifie ses campagnes de recrutement en Afrique pour combler ses pertes sur le front ukrainien. Le Cameroun figure parmi les pays les plus touchés, avec des centaines de jeunes approchés via des réseaux sociaux et des intermédiaires locaux, souvent avec des offres présentées comme des « contrats de sécurité » ou des emplois bien rémunérés à l'étranger.
Un collectif camerounais a lancé un appel public pour démanteler ce réseau de recrutement. Les chiffres, eux, varient selon la source : la Russie a officiellement confirmé, en avril 2026, la mort de 16 Camerounais enrôlés dans ses rangs. Le collectif indépendant All Eyes on Wagner, qui a recensé 335 Camerounais recrutés par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025, en dénombre 94 morts — un écart qui alimente la défiance envers les chiffres officiels russes.
Ce phénomène illustre une stratégie russe de recrutement ciblant les pays africains en crise économique. Le Cameroun, où le chômage des jeunes reste élevé, devient un terrain fertile pour ces pratiques : les recrues, attirées par la promesse d'un salaire, se retrouvent une fois sur place contraintes de signer des engagements militaires dont elles ne maîtrisent ni les termes ni les risques.
Pour le Cameroun, cette crise expose les failles de la protection des jeunes face aux réseaux illégaux, et pose une question diplomatique de plus en plus difficile à esquiver avec Moscou. Une réponse coordonnée, mêlant prévention locale et pression diplomatique, reste à construire.




