20 duels gagnés, 11 récupérations, 7 tacles réussis en demi-finale contre le Maroc — sans le moindre but ni la moindre passe décisive à son actif sur l'ensemble du tournoi. Voilà pourtant le profil que la CAF a choisi de couronner meilleure joueuse de la CAN féminine 2026, préférant Monique Ngock à la gardienne héroïne Michaely Bihina.
Le sacre du Cameroun, son tout premier titre continental après trois finales perdues (2004, 2014, 2016), doit énormément aux arrêts de Bihina : 9 parades décisives en quarts de finale contre le Nigeria, puis 3 arrêts lors de la séance de tirs au but en demi-finale contre le Maroc. Elle repart logiquement avec le titre de meilleure gardienne du tournoi.
Mais le Groupe d'étude technique de la CAF a préféré récompenser un travail plus discret que les exploits entre les perches ou devant le but. En couronnant Ngock, milieu défensive, la Confédération assume une filiation avec le sacre de Rodri comme MVP du dernier Mondial masculin — une reconnaissance du jeu invisible plutôt que du geste spectaculaire.
Le choix ne fait pas l'unanimité : privilégier une approche aussi subjective face à des statistiques offensives ou des parades chiffrées interroge sur les critères réels du jury technique, même si le message envoyé aux jeunes joueuses — les rôles défensifs comptent autant que les buts — a le mérite de la clarté.
Temwa Chawinga (Malawi) a de son côté remporté le titre de meilleure buteuse avec 5 réalisations, devançant d'un cheveu la Zambienne Barbra Banda, longtemps en tête du classement avant l'élimination précoce de son équipe. Pour Ngock, cette CAN se conclut déjà par un transfert vers le Washington Spirit — la preuve que la reconnaissance du travail de l'ombre paie, elle aussi, en visibilité internationale.




