Un investisseur industriel étranger, dont l'identité n'a pas été rendue publique, a proposé d'implanter une usine moderne de bitume au sein du Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC), à Douala. Le projet, chiffré à plusieurs milliards de francs CFA, promet 300 emplois directs pour la jeunesse douala. Mais des mois après son annonce, il reste bloqué : le foncier nécessaire à sa construction n'est toujours pas disponible.
La raison tient à la gestion du site lui-même. Selon les informations obtenues par Camer.be début septembre, le domaine du CNIC aurait été progressivement morcelé en une multitude de sous-locations informelles, attribuées sans appel d'offres public. Cette occupation parcellaire prive aujourd'hui l'entreprise publique de l'espace continu qu'exige l'installation d'une unité industrielle de cette taille.
Le directeur général par intérim du CNIC, Webnjoh Abel Bobuin Bisiya, doit désormais composer avec ce dossier hérité. Des sources proches de la direction évoquent une gestion de rente installée au fil des années, au détriment de la vocation industrielle du site.
Le CNIC n'en est pas à sa première difficulté conjoncturelle. Conçu à l'origine comme outil de réparation navale et pôle d'accueil pour l'industrie lourde, l'établissement a vu ses installations se dégrader au fil des ans, certaines zones du site ayant progressivement basculé en dépôts sauvages faute d'entretien. Un plan de redressement avait déjà été évoqué par la direction pour tenter de restaurer sa capacité opérationnelle.
Face à cette situation, les attentes formulées sont désormais précises : un audit foncier exhaustif du domaine, la libération effective des terrains nécessaires au projet industriel, et un plan de nettoyage assorti d'une relance de l'activité. Ces mesures conditionnent, selon les mêmes sources, le maintien de l'engagement du groupe industriel intéressé par le site.
Ni la direction générale du CNIC ni les autorités de tutelle n'ont communiqué de calendrier précis pour cet audit foncier, ni de date de démarrage des travaux de l'usine de bitume. Les 300 emplois annoncés restent, pour l'instant, suspendus à la résolution de ce contentieux foncier interne.




