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Cameroun·Agenda & Sorties·25 juin 2026, 05:48

Hommage à Bassek Ba Kobhio au Musée National : le cinéma camerounais en fête

Le 24 juin 2026, l’esplanade du Musée national a vibré au rythme des hommages rendus à Bassek Ba Kobhio, pionnier du septième art et fondateur du festival Écrans Noirs.

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Illustration éditoriale pour Hommage à Bassek Ba Kobhio au Musée National : le cinéma camerounais en fête

À Yaoundé, le 24 juin 2026, l’esplanade du Musée national s’est transformée en scène d’émotion collective. Des artistes, des cinéastes et des jeunes talents ont défilé sous les drapeaux du Cameroun pour saluer la mémoire de Bassek Ba Kobhio, figure emblématique de la culture camerounaise, dont le décès le 12 mai 2026 a laissé un vide dans le cœur du continent.

Né le 1er janvier 1957 à Nindjé, Bassek Ba Kobhio a d’abord étudié la sociologie et la philosophie, avant de se tourner vers le septième art. Son parcours débute comme assistant‑réalisateur, notamment aux côtés de Claire Denis sur le film « Chocolat » en 1987, une expérience qui façonne son regard cinématographique et son engagement à raconter l’Afrique avec authenticité.

Le réalisateur a rapidement imposé son style. Son premier long métrage, « Sango Malo » (1991), adapté de son propre roman, remporte le Prix du public au Festival du cinéma africain de Milan. Il poursuit avec « Le Grand Blanc de Lambaréné » (1995), œuvre marquante qui consolide sa réputation. Mais c’est la création du festival Écrans Noirs qui scelle son héritage : chaque année, le rendez‑vous de Douala devient le phare du cinéma africain, offrant visibilité aux jeunes réalisateurs et aux histoires locales.

La cérémonie du 24 juin a mêlé témoignages, chants traditionnels et performances artistiques. Des figures du ministère de la Culture, des membres du CRTV et des anciens collaborateurs ont partagé leurs souvenirs, tandis que des jeunes cinéastes présentaient des courts‑métrages inspirés par l’œuvre du maître. Des danses et des poèmes ont ponctué le programme, rappelant que l’art cinématographique s’inscrit dans une plus large tradition culturelle.

Pour le public camerounais, cet hommage n’est pas seulement un rappel du passé, mais une invitation à poursuivre le chemin tracé par Ba Kobhio. En célébrant son parcours, les jeunes réalisateurs trouvent une validation de leurs ambitions, et les institutions culturelles sont rappelées à leur rôle de protectrices du patrimoine audiovisuel. Le festival Écrans Noirs, désormais ancré dans la conscience collective, bénéficie d’un regain d’appui public et privé, essentiel pour son expansion régionale.

Le décès de Bassek Ba Kobhio à l’âge de 69 ans à Yaoundé a déclenché une vague de deuil, mais aussi de fierté. Son œuvre, à la fois ancrée dans la réalité sociologique du Cameroun et portée vers l’international, a ouvert des portes aux cinéastes africains qui, autrefois, peinaient à se faire entendre. Son engagement pour la formation des nouvelles générations a laissé un réseau d’apprentis, de mentors et d’institutions qui continuent à faire vivre son esprit créatif.

Alors que le Cameroun se prépare à accueillir la prochaine édition d’Écrans Noirs, les organisateurs promettent d’élargir le programme de formation et d’inclure davantage de projets communautaires. Le souvenir de Bassek Ba Kobhio servira de boussole, guidant les politiques culturelles vers une reconnaissance accrue du cinéma comme vecteur d’identité et de développement. Le pays, tout comme le continent, se doit de garder vivante la flamme qu’il a allumée.

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