Le Cameroun dispose d’un réseau routier stratégique en Afrique centrale, mais une grande partie reste en terre, limitant son potentiel économique. Avec une position géographique clé, le pays sert de hub pour les échanges sous-régionaux, attirant l’attention des investisseurs étrangers.
L’Inde, reconnue pour ses technologies innovantes en entretien routier et ses programmes de formation, cherche à étendre son influence en Afrique. Le Programme de Coopération Technique et Économique (ITEC) offre déjà des opportunités de renforcement des capacités aux cadres camerounais.
Le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, et le Haut-Commissaire de l’Inde au Cameroun, S.E. Vijay Khanduja, ont échangé le 16 juin 2026 sur la coopération routière. L’Inde a exprimé son intérêt pour les opportunités d’investissement au Cameroun, notamment dans l’entretien des routes en terre. Le Cameroun représente un marché sous-régional de plus de 300 millions de consommateurs, selon le ministre Nganou Djoumessi. L’Inde propose des formations via son Programme de Coopération Technique et Économique (ITEC) pour renforcer les capacités des personnels du Ministère des Travaux Publics. Plusieurs cadres camerounais ont déjà bénéficié de ces formations indiennes dans le passé.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large où les puissances émergentes, comme l’Inde, cherchent à consolider leur présence en Afrique. Contrairement aux partenariats traditionnels avec l’Europe ou la Chine, souvent perçus comme déséquilibrés, l’approche indienne mise sur la formation et le transfert de technologies adaptées aux réalités locales.
Pour le Cameroun, moderniser son réseau routier est un impératif économique. Les routes en terre, majoritaires, freinent les échanges commerciaux et augmentent les coûts logistiques. Un partenariat avec l’Inde pourrait accélérer la stabilisation de ces infrastructures, tout en offrant des débouchés aux pays voisins, comme le Tchad ou la Centrafrique, dépendants des corridors camerounais.
À court terme, ce partenariat pourrait se traduire par des projets pilotes d’entretien routier utilisant des techniques indiennes, moins coûteuses et adaptées aux climats tropicaux. Les formations proposées par l’ITEC permettront également de renforcer les compétences locales, réduisant la dépendance aux experts étrangers.
À plus long terme, une coopération réussie pourrait positionner le Cameroun comme un modèle en Afrique centrale pour la gestion des infrastructures. Cela attirerait davantage d’investisseurs, tout en dynamisant les échanges sous-régionaux, essentiels pour la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).
L’intérêt de l’Inde pour le Cameroun n’est pas anodin : il reflète une volonté de diversifier les partenariats africains, loin des schémas traditionnels. Si ce projet aboutit, il pourrait marquer un tournant dans la modernisation des infrastructures en Afrique centrale, avec des retombées économiques bien au-delà des frontières camerounaises.




