Depuis 2024, la Russie intensifie ses campagnes de recrutement en Afrique pour combler ses pertes sur le front ukrainien. Le Cameroun figure parmi les pays les plus touchés, avec des centaines de jeunes approchés via des réseaux sociaux et des intermédiaires locaux.
Les offres, souvent présentées comme des 'contrats de sécurité' ou des 'emplois bien rémunérés à l’étranger', ciblent des jeunes en situation de précarité économique. Les promesses de salaires mensuels allant jusqu’à 2 000 dollars attirent des candidats malgré les risques.
Un collectif camerounais a lancé un appel public pour démanteler le réseau de recrutement de jeunes envoyés combattre en Ukraine. Des sources gouvernementales et des médias ont rapporté en 2025 et 2026 la mort de ressortissants camerounais servant dans l’armée russe en Ukraine, sans confirmation officielle d’un chiffre précis. Les recrutements s’effectuent via des intermédiaires locaux et des plateformes numériques, avec des promesses de salaires élevés. Des centres d’entraînement en Russie ont été identifiés comme points de transit avant l’envoi sur le front. Des témoignages et rapports médiatiques font état de décès de mercenaires camerounais peu après leur arrivée en Ukraine. La Russie cible plusieurs pays africains, dont le Cameroun, le Kenya et le Nigeria, pour compenser ses pertes humaines.
Ce phénomène illustre une stratégie russe de recrutement ciblant les pays africains en crise économique. Le Cameroun, où le taux de chômage des jeunes dépasse 10%, devient un terrain fertile pour ces pratiques. Les intermédiaires exploitent la vulnérabilité des candidats, souvent peu informés des risques réels.
Au-delà des pertes humaines, cette situation pose un défi sécuritaire pour le Cameroun. Les recrues, formées aux techniques de combat, pourraient représenter une menace à leur retour, comme l’ont montré des cas similaires en Afrique de l’Ouest.
Pour le Cameroun, cette crise expose les failles de la protection des jeunes face aux réseaux illégaux. Les autorités doivent renforcer la sensibilisation et les opportunités locales pour contrer ces recrutements. Par ailleurs, la mort de 16 ressortissants pourrait alourdir les tensions diplomatiques avec la Russie, déjà fragilisées par la guerre en Ukraine.
Si le phénomène persiste, il risque d’aggraver l’instabilité régionale et de priver le Cameroun d’une partie de sa jeunesse. Une réponse coordonnée, mêlant prévention et coopération internationale, sera essentielle pour endiguer cette hémorragie.




