Une maison pour chaque Lionne Indomptable. L'annonce de Paul Biya, une semaine après le sacre continental du 16 août 2026 à Rabat, a résonné comme un événement à part entière dans le paysage sportif camerounais — plus encore que la victoire 3-0 en finale face au Malawi qui l'a précédée.
Il aura fallu vingt-deux ans et trois finales perdues pour que le Cameroun décroche enfin ce titre. Chaque joueuse a déjà touché une prime de 52 millions de FCFA, pendant que la Fecafoot empochait plus d'1,1 milliard de FCFA de gains. Les maisons promises par le chef de l'État s'ajoutent à cette enveloppe déjà conséquente — un geste inédit pour le football féminin camerounais, longtemps relégué au second plan des priorités sportives nationales.
Mais un logement, aussi symbolique soit-il, ne construit pas un écosystème. Où sont les académies féminines ? Les championnats locaux dignes de ce nom ? Les sponsors qui continuent de bouder le ballon rond au féminin malgré ce sacre historique ? La prime et la maison récompensent un exploit ; elles ne comblent pas, à elles seules, des décennies de sous-investissement structurel.
Pour les jeunes Camerounaises qui regardent aujourd'hui les Lionnes avec des étoiles dans les yeux, ce titre peut être un déclic — à condition que l'État et les acteurs privés transforment l'essai en infrastructures durables plutôt qu'en gestes ponctuels, aussi généreux soient-ils.
La vraie question, un an après Rabat, ne sera pas de savoir combien de maisons Paul Biya aura offertes. Ce sera de savoir combien de nouvelles Lionnes le pays aura formées entre-temps.




