Huit films, cinq pays, une même ambition : donner à voir une Afrique subsaharienne racontée par elle-même. Depuis 1989, les États généraux du film documentaire réunissent chaque été à Lussas, en Ardèche, professionnels et passionnés du genre — et pour cette 38e édition, du 16 au 22 août 2026, une programmation spéciale « Jeune création d'Afrique subsaharienne » met en lumière une nouvelle génération de cinéastes venus du Sénégal, de RDC, de Côte d'Ivoire, du Cameroun et du Soudan.
Cette sélection, confiée à Madeline Robert et à un cinéaste africain invité, aborde sans détour mémoire, transformations urbaines et questions politiques — loin des récits dominants souvent teintés de clichés ou de réductionnisme sur le continent.
Sur les 130 films au programme de cette 38e édition, organisée autour du thème « Cinémas et territoires en résistance », le Centre national du cinéma et de l'image animée participe activement via des ateliers et des soutiens financiers destinés à accompagner ces jeunes réalisateurs au-delà du simple temps du festival.
Pour ces cinéastes, l'enjeu dépasse la simple projection : accéder à un réseau professionnel international peut ouvrir la voie à des financements pour de futurs projets, ou à une diffusion sur des plateformes de streaming qui touchent un public bien plus large que les circuits documentaires africains habituels.
Le documentaire reste, sur le continent, largement éclipsé par la fiction dans les priorités d'investissement. Une vitrine comme Lussas ne résout pas ce déséquilibre structurel — mais elle rappelle, année après année, que ces voix méritent d'être entendues bien au-delà des frontières où elles sont nées.




