Plus de 60 femmes sont mortes depuis le début de l'année 2026 au Cameroun sous les coups d'un conjoint, d'un partenaire ou d'un agresseur — un bilan en hausse par rapport aux mêmes périodes de 2024 et 2025, selon les décomptes de la presse locale. Face à ce chiffre, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun, dirigé par Maurice Kamto, a choisi de rompre le silence.
Le parti dénonce ce qu'il qualifie de promesses non tenues, de campagnes de sensibilisation sporadiques et d'une indifférence institutionnelle généralisée. Sa demande est précise : que chaque victime soit identifiée, que chaque bourreau soit poursuivi, et que les faits soient requalifiés en « assassinats prémédités » plutôt que traités avec la clémence habituelle réservée aux crimes dits « passionnels ».
Cette exigence de requalification n'a rien d'anodin sur le plan judiciaire. En pointant les circonstances atténuantes régulièrement accordées au nom du contexte familial, le MRC cherche à briser un mécanisme qui, année après année, allège la sanction des auteurs de féminicides domestiques.
Le parti inscrit sa sortie dans un mouvement plus large de mobilisation contre les violences de genre en Afrique, où ces crimes restent trop souvent traités comme des affaires privées plutôt que comme des crimes publics engageant la responsabilité de l'État.
Reste à savoir si cette prise de position politique se traduira par des réformes concrètes — révision des peines, mécanismes de protection des victimes — ou si elle s'ajoutera, comme les campagnes de sensibilisation qui l'ont précédée, à la longue liste des indignations sans suite.




