Douze à quinze heures. C'est le temps qu'il faut aujourd'hui pour relier Ngaoundéré à Garoua sur une route dégradée depuis des années — un calvaire pour les transporteurs et les commerçants des régions du Nord et de l'Adamaoua, deux zones dont l'économie dépend directement de cet axe.
Le 10 août 2026, le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi a lancé, à Gouna, les travaux de reconstruction de ces 242 kilomètres. Le chantier, financé à hauteur de 223 milliards FCFA par la Banque africaine de développement, l'Agence française de développement et l'État camerounais, s'inscrit dans la quatrième phase du Programme d'appui au secteur des transports (PAST 4).
Cinq entreprises chinoises se partagent les cinq lots du marché, pour une exécution prévue sur trente-six mois. Les premières semaines ont mobilisé plus d'une centaine de personnels sur le site de la CWE, signe d'une cadence de démarrage jugée satisfaisante par le ministère.
Au-delà du bitume, c'est tout un bassin économique qui attend cette route : producteurs agricoles privés de débouchés rapides, malades contraints à des trajets à haut risque pour rejoindre un hôpital, commerçants qui répercutent sur leurs prix le coût d'un transport à l'arrêt. Le projet devrait générer des emplois directs pour les populations locales, même si aucun chiffre officiel n'a encore été communiqué à ce sujet.
Trente-six mois, c'est aussi le temps que devront patienter les habitants du Nord et de l'Adamaoua avant de juger, sur le terrain, si la promesse d'un désenclacement tient ses promesses.




