0,3 % en 2020, 3,8 % en 2025 : entre ces deux chiffres, cinq années de Stratégie Nationale de Développement (SND30) n'ont jamais réussi à décoller vers l'objectif initial de 8,5 % de croissance annuelle. L'évaluation à mi-parcours, présentée le 12 décembre 2025 par le Comité national de suivi-évaluation, dresse un constat sans appel.
Adoptée en 2020 pour transformer le Cameroun en économie émergente d'ici 2030, la SND30 s'articule autour de quatre piliers — transformation structurelle, développement humain, gouvernance et insertion régionale. Cinq ans plus tard, la trajectoire de croissance (0,3 %, 3,3 %, 3,7 %, 3,2 %, 3,5 %, puis 3,8 % en 2025) n'a jamais dépassé le tiers de l'ambition initiale.
L'accès au crédit à l'économie, autre indicateur clé, plafonne à 17,5 % en 2025 contre 23,2 % prévus initialement — un retard qui traduit des contraintes budgétaires persistantes et une dépendance aux matières premières que la stratégie devait justement corriger.
Ce bilan mitigé s'explique par la lenteur des réformes institutionnelles et une diversification économique restée largement théorique. Combler l'écart accumulé nécessiterait, selon la stratégie elle-même, environ 88 000 milliards de FCFA de financements supplémentaires d'ici 2030 — un montant qui, à lui seul, mesure l'ampleur du chantier restant.
À cinq ans de l'échéance, le Cameroun n'a plus la marge pour un simple ajustement de trajectoire : sans une mobilisation massive de financements et une réforme institutionnelle réelle, l'objectif d'émergence à horizon 2030 restera un exercice de communication plutôt qu'une transformation économique vérifiable.




