Le 1er juillet 2026, le Baromètre pour les accords de paix en Afrique a publié son premier bilan sur le traité signé à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Ce rapport, issu d’une initiative indépendante de suivi et d’évaluation, indique que le taux de mise en œuvre n’est que de 35 %, un chiffre qui contraste fortement avec les attentes suscitées lors de la signature officielle.
L’accord a d’abord été conclu le 27 juin 2025 par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, avant d’être paraphé en décembre 2025 par les chefs d’État – le président rwandais Paul Kagame et le président congolais Félix Tshisekedi – en présence du président américain Donald Trump, qui a présidé la cérémonie à Washington. Cette double signature visait à sceller un cesse‑ce‑feu durable et à ouvrir la voie à un dialogue politique structuré.
Selon le rapport du 1er juillet, la mise en œuvre ne dépasse pas les trois tiers, soit 35 % des engagements pris. Le document souligne que les mesures de désarmement, le retrait des troupes et la création de zones de sécurité restent largement inachevés, alors même que les parties s’étaient engagées à instaurer un mécanisme de suivi conjoint.
Ce faible taux révèle des obstacles persistants sur le terrain. La méfiance entre les forces armées congolaises et les milices rwandaises, la difficulté à garantir la sécurité des populations civiles et l’absence d’un cadre de vérification robuste freinent la progression. Sans un dispositif de contrôle efficace, les engagements restent des promesses en suspens, alimentant le risque de résurgences violentes.
Pour les pays voisins, notamment le Cameroun, la situation revêt une importance stratégique. La frontière commune avec la RDC est déjà le théâtre de flux de réfugiés et de trafics illicites ; un recul de la stabilité pourrait accentuer les pressions migratoires vers les régions du Nord et de l’Extrême‑Nord camerounais. De plus, les échanges commerciaux transfrontaliers, vitaux pour les économies locales, risquent d’être perturbés si les hostilités reprennent.
Les analystes insistent sur la nécessité d’un appui international renforcé, tant en termes de financement que de médiation. Le rapport recommande la création d’une commission mixte dotée de pouvoirs de sanction et la mobilisation d’observateurs régionaux pour garantir la transparence des actions. Une telle dynamique pourrait relancer la confiance entre les parties et accélérer la réalisation des engagements.
Alors que le calendrier de mise en œuvre s’étire, le regard se tourne vers les prochains mois. Le Cameroun, comme le reste de la région, attend des avancées concrètes qui traduisent les paroles en actions. Le suivi du Baromètre restera un indicateur clé pour mesurer la capacité des deux pays à transformer cet accord en une paix durable, condition indispensable à la stabilité du Grand Bassin et à la prospérité des populations riveraines.




