Le 19 juin 2026, lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale, la députée Angèle Toukam Tela a adressé une question orale au ministre de la Promotion de la Femme, Abena Ondoa, portant sur l’éradication des féminicides. Cette intervention s’inscrit dans un contexte où les violences basées sur le genre occupent une place grandissante dans les débats parlementaires camerounais.
Le terme « féminicide » désigne le meurtre d’une femme en raison de son sexe, souvent perpétré par un partenaire intime ou un membre de la famille. Au niveau mondial, les organisations de défense des droits humains estiment que 85 000 femmes sont tuées chaque année de façon intentionnelle par des proches, un chiffre qui souligne l’ampleur du problème et son caractère systémique.
Au Cameroun, le ministre Abena Ondoa a été interpellé pour préciser les mesures envisagées afin de mettre fin à ces crimes. Bien que le texte source ne détaille pas la réponse du ministre, il indique que la question a été soulevée comme une priorité, laissant entrevoir une volonté politique de renforcer la protection des femmes.
Les causes profondes des féminicides résident dans des normes sociales qui légitiment la domination masculine, un accès limité à la justice et des dispositifs de protection souvent insuffisants. Dans de nombreuses régions du pays, la peur de dénoncer les abus persiste, alimentée par la stigmatisation et le manque de confiance dans les institutions judiciaires.
Pour les Camerounais, chaque féminicide représente une perte irréversible : une mère, une sœur, une travailleuse qui disparaît, entraînant des répercussions économiques et psychologiques sur les familles et les communautés. Le coût social se traduit par une réduction de la participation des femmes à la vie publique et à la croissance économique du pays.
Les débats parlementaires offrent une plateforme pour proposer des réformes législatives, telles que le durcissement des peines, la création de cellules spécialisées dans les violences domestiques et la mise en place de programmes de sensibilisation. L’élaboration de statistiques fiables et la formation des forces de l’ordre sont également essentielles pour garantir une réponse efficace.
L’avenir dépendra de la capacité du gouvernement à transformer les engagements verbaux en actions concrètes. Un suivi rigoureux des engagements pris par le ministre, couplé à une mobilisation de la société civile, pourra créer les conditions d’une réduction durable des féminicides au Cameroun. Les Camerounais attendent des réponses claires et des mesures tangibles pour protéger les femmes et assurer leur droit à la vie.




