LLV LE MAG
Afrique·Actualité·5 juil. 2026, 13:42

Boko Haram : pourquoi le fléau persiste 24 ans après son émergence

Vingt‑quatre ans après la création du groupe, le Nigeria et ses voisins restent confrontés à la menace de Boko Haram, un mouvement né d’une opposition radicale à l’éducation moderne et à l’influence occidentale.

0vues2min lecture
Illustration éditoriale pour Boko Haram : pourquoi le fléau persiste 24 ans après son émergence

Vingt‑quatre ans après son apparition, le groupe connu sous le nom de Boko Haram continue de semer l’insécurité dans le Sahel. Officiellement appelé « Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal‑Jihad », il se définit comme les adeptes de la Sunna appelés à la prédication et au jihad, mais son surnom provient surtout de son rejet virulent de l’éducation moderne et du mode de vie occidental.

Le mouvement a été fondé par Muhammad Yusuf, un prédicateur du nord‑est nigérian. Sa mort en 2009 a ouvert la voie à Abubakar Shekau, qui a pris la tête du groupe et a intensifié la violence. Sous sa direction, Boko Haram a consolidé ses bases, transformant la lutte idéologique en une campagne armée contre les forces de sécurité et les civils.

Le principal bastion du groupe reste l’État de Borno, au cœur du nord‑est du Nigeria. Là, les combattants ont érigé des camps, pris le contrôle de collectivités locales et contraint des milliers de personnes à fuir leurs villages. Cette occupation a transformé la région en un terrain d’entraînement et de recrutement, où la présence de l’État est souvent limitée.

Ces dernières années, les offensives de l’armée nigériane ont permis de reprendre le contrôle de plusieurs territoires et les attaques se sont nettement réduites. Malgré ces gains, de vastes zones demeurent inhabitées, la peur d’une nouvelle incursion persistant parmi les populations locales. L’insécurité continue de freiner le retour des déplacés et d’entraver les projets de reconstruction.

Parallèlement, Boko Haram a élargi son influence à d’autres États nigérians et a renforcé ses liens avec l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), la branche régionale de l’organisation terroriste opérant dans le bassin du lac Tchad. Cette alliance a fourni au groupe un soutien logistique et idéologique, augmentant sa capacité à mener des opérations transfrontalières.

Pourquoi le groupe n’a-t‑il pas été éradiqué ? Plusieurs facteurs se conjuguent : une idéologie qui trouve un écho chez des jeunes marginalisés, la faiblesse des institutions locales à offrir des alternatives éducatives et économiques, et des frontières poreuses qui facilitent le déplacement des combattants. Le manque d’une stratégie intégrée, combinant sécuritaire, développement et réconciliation, laisse les racines du mouvement intactes.

Pour le Cameroun, voisin du Nigeria, la persistance de Boko Haram représente une alerte permanente. La stabilité du nord‑est nigérian influe directement sur la sécurité des régions frontalières camerounaises, où les flux de réfugiés et les menaces transnationales peuvent se propager. Une coopération régionale renforcée, associée à des programmes d’inclusion sociale, apparaît comme la voie la plus réaliste pour contenir ce fléau et offrir un avenir plus sûr aux populations du Sahel.

🛍️

Commande à l'étranger

Amazon, AliExpress, Alibaba… commandez et payez en FCFA

Collez le lien du produit, recevez un devis, payez par Orange Money ou MTN — livré chez vous au Cameroun.

Je commande →
vues min de lecture0 j'aime0 commentaires
Partager
Connectez-vous pour liker et noter cet article.

Commentaires

Connectez-vous pour laisser un commentaire.