« Assez des attaques de Mamadou Mota ! » Publiée sur Facebook le 25 août 2026, la sortie de Cabral Libii ne laisse guère de place à l'ambiguïté. Le président du PCRN dit son indignation face à ce qu'il qualifie de critiques « désobligeantes » et « récurrentes » de la part du premier vice-président du MRC — et appelle ses propres cadres à la retenue plutôt qu'à la surenchère.
Le duel Libii-Mota n'a rien d'inédit. Les deux hommes s'affrontent régulièrement sur la place publique camerounaise, Mota reprochant notamment à son homologue sa gestion des crises internes et son positionnement vis-à-vis du pouvoir en place. Cette fois, Libii choisit de répliquer en évoquant une forme de « double persécution », sans détailler publiquement la nature de l'autre volet.
Fondé par Cabral Libii, le PCRN s'est imposé comme une force émergente de l'opposition, avec 3,6 % des voix lors des législatives de 2020 selon Jeune Afrique — un score modeste mais suffisant pour irriter certains ténors des partis historiques.
En demandant à ses militants de ne réagir qu'en cas de « contrefaçon » ou de « dénaturation » de leurs idées, Libii cherche moins à éteindre la polémique qu'à la cadrer : préserver la lisibilité de son offre politique auprès d'un électorat déjà las des querelles internes à l'opposition.
Le calcul est risqué. Une opposition qui règle ses comptes en public prête le flanc à l'accusation de division, au moment même où elle réclame l'unité pour peser face au pouvoir. Reste que Cabral Libii, en choisissant la posture du leader digne plutôt que celle du contre-attaquant, tente un pari : celui de sortir grandi d'une querelle qu'il n'a pas cherchée.




