Le 26 juillet 1971, l'assemblée générale constitutive des actionnaires de Cameroon Airlines se réunissait à Yaoundé. La compagnie naissait avec un capital de 1,5 milliard de francs CFA, réparti entre l'État camerounais et Air France, qui en détenait alors 25 %. Cinquante-cinq ans plus tard, son héritière Camair-Co n'a toujours pas retrouvé la stabilité financière que ses fondateurs espéraient.
Les débuts sont modestes mais rapides : les premiers vols commerciaux entre Douala et Yaoundé démarrent le 1er novembre 1971, avec deux Boeing 737-200. Les liaisons internationales suivent presque aussitôt, vers Rome puis Paris, opérées avec un Boeing 707 racheté à Air France. La flotte s'étoffe ensuite avec des 747, 757 et 767, jusqu'à couvrir l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient.
Cette expansion tourne court à partir des années 1990. L'accumulation des dettes et une gestion de plus en plus critiquée finissent par emporter la compagnie : Cameroon Airlines est placée en liquidation judiciaire en juin 2008, emportant avec elle des milliers d'emplois et plusieurs décennies de mémoire institutionnelle.
Le remplacement avait pourtant été anticipé. Par décret présidentiel n° 2006/293 du 11 septembre 2006, Paul Biya crée Cameroon Airlines Corporation — Camair-Co —, avec l'État camerounais pour unique actionnaire. Il faudra malgré tout attendre près de cinq ans avant que la nouvelle compagnie ne fasse décoller son premier vol commercial, le 28 mars 2011, sur la liaison Douala-Yaoundé-Paris.
Depuis, Camair-Co peine à convaincre. Annulations de vols sans préavis, retards à répétition, bagages égarés et appareils vieillissants ont nourri, au fil des années, une défiance persistante d'une partie de la clientèle camerounaise envers son transporteur national. Ses dessertes européennes ont même été suspendues en 2016, avant d'être partiellement rétablies.
Mi-2025, la compagnie exploitait une flotte réduite à six appareils : deux Boeing 737-700, deux Bombardier Dash 8-Q400 et deux Xi'an MA60. Elle n'a, à ce jour, jamais dégagé de bénéfice depuis sa création et reste engagée sous le poids de ses dettes, sans qu'un calendrier de redressement n'ait été rendu public.




