Le 7 juillet 2026, le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, a dévoilé un chiffre qui fait froid dans le dos : 21 000 nouveaux diagnostics de VIH pour l’année 2025. Ce total, issu de l’enquête nationale Camphia 2024‑2025, confirme que la pandémie reste un enjeu majeur pour le Cameroun, malgré les progrès affichés en traitement.
L’étude, menée de septembre 2024 à janvier 2025 dans les dix régions du pays, a servi de cadre à la présentation officielle au Hilton de Yaoundé. Elle montre que le nombre de personnes vivant avec le VIH dépasse les 501 000, un lourd fardeau sanitaire qui mobilise les services de santé et les organisations de la société civile.
Les disparités géographiques sont frappantes. Le Nord‑Ouest affiche le taux de prévalence le plus élevé à 5,6 %, suivi du Centre hors Yaoundé à 5,3 % et du Sud à 4,8 %. Ces chiffres traduisent des dynamiques locales où l’accès aux services de dépistage et de prévention reste inégal, renforçant la nécessité d’une réponse ciblée.
Les femmes portent le poids de la charge épidémiologique, surtout dans les tranches d’âge 30‑34 et 50‑54 ans. Cette concentration d’infections chez les adultes en âge de travailler accentue les répercussions économiques et sociales, tout en soulignant l’importance d’interventions spécifiques pour les femmes en âge de procréer.
Sur le plan du traitement, le tableau est plus encourageant : 96,4 % des personnes diagnostiquées sont sous antirétroviraux, et 95 % d’entre elles affichent une charge virale indétectable. Cette performance place le Cameroun parmi les pays où la prise en charge médicale atteint des niveaux de succès remarquables.
Cependant, le revers de la médaille reste la connaissance du statut sérologique. Seulement 77,1 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur infection, laissant près d’un tiers dans l’ombre. Le ministère de la Santé insiste sur la nécessité de renforcer les campagnes de dépistage, en particulier auprès des jeunes et des hommes, qui restent les groupes les plus sous‑représentés dans les tests.
L’enjeu pour les mois à venir est clair : multiplier les points de dépistage mobiles, impliquer les leaders communautaires et adapter les messages aux réalités des jeunes hommes. Sans une mobilisation accrue, les gains en traitement risquent de se dissiper, et la chaîne de transmission restera alimentée. Le Cameroun doit transformer ces données en actions concrètes, afin que chaque Camerounais, quel que soit son âge ou son genre, puisse connaître son statut et accéder aux soins dont il a besoin.




