Le 18 juin 2026, le Journal du Cameroun publie le compte‑rendu d’une enquête exhaustive réalisée par trente organisations non gouvernementales, à l’issue de l’élection présidentielle de 2025. Cette année, marquée par la dernière consultation au pouvoir, se révèle être le théâtre d’une intensification des atteintes aux droits humains, selon un document de cent pages découpé en dix parties.
L’étude, portée par des ONG telles qu’« Un Monde Avenir », se veut un miroir critique de la situation nationale. Chaque partie du rapport explore un volet précis – de la répression policière aux restrictions de la liberté d’expression – afin de dresser un tableau complet des abus constatés. Le travail collectif, fruit d’une collaboration étroite entre les associations, témoigne d’une volonté partagée de rendre compte de la réalité vécue sur le terrain.
Les chiffres avancés sont frappants : plus de sept cents décès et près de quinze cents arrestations liées à des motifs politiques ou à des manifestations. Ces données, compilées à partir de témoignages, de dossiers judiciaires et de rapports de terrain, traduisent une escalade de la violence qui dépasse les simples incidents isolés. Elles soulignent également l’ampleur du phénomène, touchant à la fois les zones urbaines et les régions périphériques.
Les ONG soulignent que ces violations s’inscrivent dans un contexte de tension accrue, où les forces de l’ordre sont mobilisées pour sécuriser le processus électoral. Elles pointent du doigt des pratiques telles que les détentions arbitraires, les violences physiques et les restrictions à la liberté d’association, sans toutefois détailler chaque cas individuel. Le rapport insiste sur la nécessité de documenter chaque incident afin de garantir la traçabilité et la responsabilité des acteurs impliqués.
Pourquoi ce pic de répression en période électorale ? Les analystes avancent que la compétition pour le pouvoir engendre une militarisation du débat public, où les autorités cherchent à contenir toute forme d’opposition. Cette logique, renforcée par la proximité du scrutin, crée un climat de méfiance et d’impunité, alimentant un cercle vicieux de violations et de réponses sécuritaires disproportionnées.
Pour les Camerounais, ces révélations portent un lourd fardeau : perte de confiance dans les institutions, crainte d’exprimer leurs opinions et sentiment d’insécurité grandissant. La diaspora, attentive aux évolutions du pays, voit dans ces chiffres un appel à la vigilance et à la mobilisation internationale. Les organisations de la société civile réclament des enquêtes impartiales, la libération des personnes détenues et la mise en place de mécanismes de suivi indépendants.
L’avenir dépendra de la capacité du gouvernement à reconnaître ces constats et à initier des réformes concrètes. Les ONG exhortent les partenaires régionaux et les instances internationales à soutenir un processus de vérification et à encourager le respect des normes internationales. Sans une réponse ferme, le spectre des violations risque de s’étendre au-delà de l’élection, compromettant durablement la stabilité et les droits fondamentaux du peuple camerounais.




