Le réseau électrique camerounais fait face à une demande croissante, portée par l’urbanisation et l’industrialisation. Les infrastructures existantes, souvent vieillissantes, peinent à suivre ce rythme, entraînant des risques de délestage et des contraintes pour les acteurs économiques.
La Société Nationale de Transport d’Électricité (Sonatrel) joue un rôle central dans la modernisation du réseau. Ces dernières années, elle a multiplié les investissements pour améliorer la capacité et la fiabilité du système, notamment dans les zones industrielles et portuaires comme Douala et Kribi.
La Sonatrel a réceptionné sept transformateurs de puissance, totalisant 335 MVA de capacités additionnelles. Trois transformateurs de 60 MVA chacun seront installés à Logbaba, un poste clé du Réseau Interconnecté Sud. Kribi et Bekoko recevront chacun un transformateur de 50 MVA, tandis que PROMETAL bénéficiera d’un appareil de 75 MVA. Un septième transformateur de 50 MVA sera conservé en réserve stratégique pour faire face aux pannes ou besoins urgents. L’incident survenu à Bekoko lors de la visite du Pape au Cameroun avait réduit sa capacité à 36 MVA, justifiant ce renforcement. Ces équipements visent à restaurer des marges de manœuvre et accompagner la croissance de la demande électrique au Cameroun.
Ce déploiement s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du réseau électrique camerounais. Face à une demande en constante augmentation, notamment dans les zones industrielles comme Douala et Kribi, la Sonatrel cherche à éviter les goulots d’étranglement qui freinent le développement économique.
L’accent mis sur Logbaba, Kribi et Bekoko n’est pas anodin. Ces postes sont des nœuds critiques du Réseau Interconnecté Sud, alimentant des pôles économiques majeurs. Leur renforcement doit permettre de sécuriser l’approvisionnement et de réduire les risques de coupures, un enjeu crucial pour les entreprises locales et les investisseurs étrangers.
Pour l’Afrique, cet investissement illustre une tendance plus large : les pays du continent misent sur des infrastructures énergétiques robustes pour soutenir leur croissance. Le Cameroun, avec ce projet, se positionne comme un acteur clé dans la stabilisation du réseau électrique en Afrique centrale.
À court terme, ce renforcement devrait améliorer la qualité de l’alimentation électrique dans les zones concernées, réduisant les délestages et les perturbations pour les ménages et les entreprises. Pour les industriels, comme PROMETAL, cela signifie une meilleure capacité à développer leurs activités sans craindre les coupures.
À plus long terme, cette modernisation pourrait attirer de nouveaux investissements, notamment dans les secteurs énergivores comme la métallurgie ou la transformation agroalimentaire. Elle s’inscrit également dans une vision plus large de stabilisation du réseau électrique en Afrique centrale, où les interconnexions régionales jouent un rôle croissant.
Avec ce déploiement, le Cameroun franchit une étape importante dans la sécurisation de son réseau électrique. Si ces investissements portent leurs fruits, ils pourraient servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires. Reste à voir comment la Sonatrel parviendra à maintenir cette dynamique dans un contexte de demande toujours plus forte.




