Le Cameroun est le seul pays d’Afrique subsaharienne à avoir expérimenté la liquéfaction flottante de gaz naturel à grande échelle. Depuis 2018, l’unité flottante Hilli Episeyo, opérée par Golar LNG, a permis de transformer le gaz associé des champs pétroliers en gaz naturel liquéfié (GNL) destiné à l’exportation.
Cette infrastructure a joué un rôle clé dans la monétisation des ressources gazières du pays, avec une production annuelle moyenne de 1,2 million de tonnes de GNL et un taux de disponibilité record de 100 %. Son retrait survient alors que la demande mondiale de GNL est forte et que le Cameroun dépend de plus en plus d’infrastructures externes pour exploiter ses réserves.
Le Hilli Episeyo, unique unité flottante de liquéfaction de gaz naturel du Cameroun, a quitté les eaux camerounaises après huit ans de service. L’unité a produit en moyenne 1,2 million de tonnes de GNL par an avec un taux de disponibilité de 100%. L’activité pétrolière et gazière camerounaise devrait reculer de 24,6% en 2027, principalement en raison de la baisse de la production gazière. Le départ du Hilli Episeyo prive le Cameroun d’un débouché clé pour monétiser son gaz associé, augmentant les risques de torchage. Le gouvernement n’a pas encore communiqué de stratégie de remplacement pour cette infrastructure.
Le départ du Hilli Episeyo n’est pas seulement un revers technique, mais un défi stratégique pour le Cameroun. En perdant cette infrastructure, le pays se retrouve dans une position de vulnérabilité énergétique, alors même que ses réserves gazières restent importantes. La liquéfaction flottante était une solution flexible et rapide pour valoriser le gaz associé des champs pétroliers, évitant ainsi le torchage et générant des revenus pour l’État.
Cette situation révèle également les limites des modèles d’exploitation basés sur des infrastructures externes. Le Cameroun, comme beaucoup de pays africains, dépend souvent de partenaires internationaux pour exploiter ses ressources. Le départ du Hilli Episeyo pose la question de la souveraineté énergétique : comment le pays peut-il sécuriser ses revenus gaziers sans dépendre de technologies ou d’opérateurs étrangers ?
À plus long terme, cette crise pourrait accélérer les projets de liquéfaction terrestre, mais ceux-ci nécessitent des investissements massifs et des délais de réalisation plus longs. Dans l’immédiat, le Cameroun doit trouver des solutions pour éviter le torchage du gaz et maintenir ses recettes d’exportation.
À court terme, le Cameroun risque de voir ses recettes gazières diminuer significativement, avec un impact direct sur le budget de l’État. La baisse de 24,6% de l’activité pétrolière et gazière prévue en 2027 pourrait également affecter la balance commerciale du pays, déjà fragilisée par d’autres défis économiques.
Sur le plan énergétique, le départ du Hilli Episeyo pourrait entraîner une augmentation du torchage du gaz associé, une pratique néfaste pour l’environnement et coûteuse en termes de ressources perdues. Pour éviter cela, le gouvernement devra soit renégocier rapidement un nouvel accord avec un opérateur flottant, soit accélérer les projets de liquéfaction terrestre, comme celui envisagé à Kribi.
Le départ du Hilli Episeyo marque la fin d’un cycle pour le secteur gazier camerounais, mais aussi l’urgence de repenser la stratégie énergétique du pays. Si cette crise met en lumière les défis de la dépendance aux infrastructures externes, elle offre également une opportunité de renforcer la souveraineté énergétique du Cameroun. L’évolution de la situation dans les semaines qui suivent révélera si le pays saura transformer cette épreuve en levier de développement durable.




