Le Cameroun voit chaque jour 30 MW d’électricité s’évanouir dans un réseau de transport défectueux, une perte équivalente à la production actuelle du barrage de Lagdo. Cette fuite d’énergie, selon le journaliste Albin Njilo, pèse lourdement sur les foyers et les entreprises, aggravant un déficit de trésorerie qui ralentit les projets d’infrastructure cruciaux.
Lors d’une audience avec l’ambassadeur d’Italie au Cameroun, Filippo Scammacca del Murgo, et Riccardo Rossi Van Lamsweerde, chef du bureau régional de la Cassa Depositi e Prestiti, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a présenté la solution tant attendue par les économistes, dont le regretté Christian Penda Ekoka : le partenariat public‑privé (PPP) dans les secteurs d’investissements lourds. Le principe est simple – ouvrir le financement à des capitaux privés tout en conservant la maîtrise publique du service essentiel.
L’État, selon les informations relayées, peine à régler la dette de la KPDC, privant le pays de 300 MW d’électricité. Cette incapacité à honorer les engagements financiers se traduit par des coupures fréquentes et un ralentissement de la croissance économique. Le PPP promet d’injecter les fonds nécessaires pour moderniser les lignes de transport, réduire les pertes et rétablir la capacité de production perdue.
« Il reste à demander au ministre des Transports pourquoi il doit endetter les pauvres citoyens pour des projets routiers régulièrement confiés à des imposteurs, alors qu’un partenariat public‑privé réglerait la situation », critique un observateur économique. Cette remarque souligne le contraste entre les dépenses routières controversées et l’urgence de sécuriser le réseau électrique, pilier du développement national.
Pour les Camerounais, la mise en place d’un PPP signifie davantage de stabilité énergétique, moins de coupures nocturnes et une meilleure compétitivité des entreprises locales. Un réseau fiable permet aux agriculteurs de pomper l’eau, aux usines de fonctionner à plein régime et aux écoles d’utiliser les technologies numériques sans interruption.
L’implication de la Cassa Depositi e Prestiti, institution financière publique italienne, renforce la crédibilité du projet. Elle apporte non seulement des capitaux, mais aussi une expertise internationale en gestion de grands projets d’infrastructure, un atout précieux pour un pays qui cherche à combler son déficit de trésorerie tout en préservant la souveraineté sur les actifs stratégiques.
Les prochains mois seront décisifs. Le gouvernement devra définir les modalités du PPP, garantir la transparence des appels d’offres et veiller à ce que les bénéfices reviennent aux citoyens. Si ces conditions sont respectées, le partenariat pourrait transformer le paysage énergétique du Cameroun, offrant une lueur d’espoir à un pays qui, chaque jour, voit s’échapper 30 MW d’énergie vitales.




