Le 29 juin 2026, la capitale camerounaise a vibré au rythme des discours et des stands dédiés aux micro, petites et moyennes entreprises. La 6ᵉ édition de la Journée des MPME, organisée à Yaoundé, a rassemblé entrepreneurs, responsables publics et partenaires internationaux autour d’un même objectif : faire des PME le moteur de la transformation locale.
Au cœur de l’événement, le ministre des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a rappelé la priorité gouvernementale en lançant le thème « De la matière première au produit fini : les MPME au cœur de la transformation ». Par ces mots, il a souligné la nécessité de passer d’une simple extraction de ressources à une chaîne de valeur complète, où chaque étape crée de la richesse pour le pays.
Cette orientation s’inscrit dans le programme plus large du gouvernement, qui vise à renforcer le rôle des MPME dans l’industrie. Le ministre a indiqué que les politiques publiques seront désormais calibrées pour soutenir la création d’usines, la modernisation des ateliers et l’accès à des marchés plus lucratifs, afin que les petites structures puissent rivaliser avec les grands acteurs du secteur.
La transformation industrielle repose sur la capacité à convertir les matières premières, comme le cacao ou le coton, en produits finis commercialisables. En plaçant les MPME au centre de ce processus, le Cameroun espère réduire sa dépendance aux exportations de matières brutes et augmenter la valeur ajoutée générée sur le territoire. Cette stratégie vise également à stimuler l’innovation locale, en encourageant les entrepreneurs à développer des procédés adaptés aux réalités africaines.
Toutefois, les défis restent nombreux. L’accès au financement reste limité pour les petites structures, tout comme la disponibilité de technologies de pointe. Le gouvernement a reconnu ces obstacles et a promis de mettre en place des mécanismes de crédit préférentiels, ainsi que des programmes de formation technique, afin d’équiper les chefs d’entreprise des compétences nécessaires pour évoluer dans un environnement concurrentiel.
Si ces mesures se concrétisent, les retombées pour la population camerounaise pourraient être significatives. Une chaîne de transformation renforcée créerait des emplois qualifiés, favoriserait la montée en compétences des jeunes et des femmes, et contribuerait à la diversification des exportations. Le produit fini, issu d’une chaîne locale, offrirait également des prix plus stables aux consommateurs, tout en renforçant la balance commerciale du pays.
L’avenir des MPME s’écrit dès aujourd’hui. Le ministre a appelé les acteurs du secteur privé, les institutions financières et les partenaires de développement à rejoindre le mouvement, en soulignant que la réussite collective dépendra d’une coopération étroite. La prochaine étape consistera à suivre de près les projets pilotes lancés lors de cette journée, afin d’évaluer leur impact réel et d’ajuster les politiques en fonction des résultats obtenus.




