Le secteur financier camerounais pèse aujourd'hui à peine 3 % du PIB national — un poids marginal qui freine l'accès au crédit, notamment pour les ménages et les petites entreprises, dans un pays où le taux de créances douteuses atteignait 13,4 % en 2022.
Pour y remédier, le gouvernement a lancé le 31 mai 2024 sa Stratégie nationale de développement du secteur financier (SNDSF), pilotée par le Comité national économique et financier avec l'appui de la Banque mondiale et de l'Union européenne. Objectif affiché : porter la contribution du secteur au PIB à 7-10 % d'ici 2030.
Sur la période 2025-2030, la stratégie table sur 630 milliards FCFA de recettes budgétaires additionnelles, soit environ 105 milliards par an, et sur un gain de croissance annuel supplémentaire de 2,3 % dans son scénario le moins favorable. Elle prévoit notamment la création d'une caisse de refinancement hypothécaire et d'une société de gestion des fonds de garantie pour les PME, ainsi que la transformation d'établissements de microfinance en banques commerciales — avec l'ambition de passer de 16 à 30 banques d'ici 2030.
Ces réformes répondent à des besoins concrets : un déficit de logements estimé à 2,5 millions d'unités, et un accès au crédit encore trop restreint pour les entrepreneurs. Si elle tient ses objectifs, la SNDSF pourrait aussi servir de modèle à d'autres pays de la zone CEMAC confrontés aux mêmes verrous structurels.




