Le 15 juin 2026, le Journal du Cameroun publie une alerte qui ne laisse aucun doute : le pays ne parvient pas à couvrir la moitié de ses besoins en produits sanguins. Selon le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), 187 224 poches ont été collectées à la clôture de l’année 2025, ce qui ne représente que 47 % de la demande nationale. Cette donnée, officielle et chiffrée, expose la fragilité d’un système de santé qui dépend chaque jour de dons volontaires pour sauver des vies.
Ce déficit s’inscrit dans un contexte où les hôpitaux publics et privés peinent à assurer les transfusions indispensables aux chirurgies, aux accouchements ou aux traitements de maladies chroniques. Le manque de sang disponible oblige les équipes médicales à reporter des interventions, à privilégier les cas les plus urgents et, parfois, à recourir à des solutions de rechange moins sûres. Le chiffre de 47 % n’est pas qu’une statistique ; il traduit des urgences non résolues et des familles qui attendent désespérément une poche de sang pour leurs proches.
Les raisons de cette sous‑couverture sont multiples. La culture du don volontaire reste encore marginale, les campagnes de sensibilisation peinent à toucher les zones rurales et les infrastructures de collecte sont inégalement réparties. Dans de nombreuses régions, les centres de prélèvement sont éloignés, ce qui décourage les donneurs potentiels. De plus, la dépendance historique aux dons de proches lors d’urgences crée un système réactif plutôt que proactif, limitant la constitution de réserves suffisantes.
Les conséquences se font sentir au plus près des patients. Les unités de soins intensifs signalent des pénuries récurrentes, les chirurgies programmées sont suspendues, et les femmes enceintes confrontées à des hémorragies post‑partum se retrouvent sans accès à une transfusion vitale. Au-delà du drame individuel, ces lacunes affaiblissent la confiance du public envers le système de santé et freinent les progrès vers une couverture médicale universelle.
Face à ces constats, les autorités sanitaires réitèrent l’appel à la mobilisation citoyenne. Le ministre de la Santé a souligné que les progrès enregistrés ces dernières années, bien que modestes, ne suffisent pas à combler le fossé entre l’offre et la demande. Des initiatives de collecte mobile, des partenariats avec les organisations de la société civile et des campagnes d’information ciblées sont prévues pour encourager le don volontaire, notamment parmi les jeunes et les cadres actifs.
L’enjeu est clair : sans une réponse collective, le pays risque de voir son taux de mortalité liée à des carences en sang grimper. Les lecteurs, qu’ils soient à Yaoundé, Douala ou dans les provinces, sont invités à se rendre dans les points de collecte, à partager l’information autour d’eux et à soutenir les programmes de sensibilisation. La santé nationale dépend de chaque goutte de sang offerte, et la mobilisation d’aujourd’hui peut transformer les chiffres de 2025 en un futur où les besoins seront enfin comblés.




