LLV LE MAG
Afrique·Économie·6 juil. 2026, 08:10

Cameroun privé de son unique bateau-usine LNG : quelles répercussions financières ?

En juillet 2026, le navire‑usine Hilli Episeyo, seul dispositif de liquéfaction du gaz naturel camerounais, quitte les eaux de Kribi. Le retrait de Golar LNG laisse le pays sans solution de rechange et menace ses recettes d’exportation.

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Illustration éditoriale pour Cameroun privé de son unique bateau-usine LNG : quelles répercussions financières ?

Ce mois de juillet marque la fin d’une ère pour le secteur énergétique camerounais : le seul dispositif capable de transformer le gaz naturel en gaz naturel liquéfié (GNL) a été retiré des eaux de Kribi. Sans aucune installation de rechange, le pays se retrouve sans capacité d’exporter son gaz sous forme liquéfiée, un coup dur pour une économie déjà sous pression.

Le Hilli Episeyo, ancien méthanier reconverti, a passé huit ans à extraire, liquéfier et charger le gaz camerounais sur des méthaniers. Opéré par l’armateur norvégien Golar LNG, il était la pierre angulaire du projet d’exportation de GNL du Cameroun, assurant la monétisation d’une ressource naturelle jusqu’alors sous‑exploitée.

Golar a choisi de rediriger le navire vers l’Amérique latine, où son expertise et son équipage trouvent des débouchés plus attractifs. La décision s’est faite sans qu’une alternative ne soit proposée sur le plan local, laissant un vide technique et commercial que le gouvernement n’a pas encore comblé.

Les conséquences financières sont immédiates. Les recettes d’exportation de GNL, qui constituaient une source non négligeable de devises étrangères, seront suspendues. Les analystes avertissent que la perte de cette unité réduira la capacité du Cameroun à diversifier ses revenus d’hydrocarbures, déjà dominés par le pétrole. Le déficit budgétaire pourrait se creuser, obligeant le Trésor à réviser ses prévisions de recettes pour l’exercice en cours.

Sur le plan sectoriel, l’absence de capacité de liquéfaction expose la vulnérabilité d’une stratégie énergétique trop dépendante d’un seul actif. Le pays devra envisager soit la construction d’une installation terrestre permanente, soit la mise en place d’un nouveau projet flottant, afin de sécuriser la chaîne de valeur du gaz naturel.

Le gouvernement a indiqué qu’il recherchait des partenaires privés et des financements multilatéraux pour relancer un projet de liquéfaction. Aucun accord concret n’est encore en vue, mais la pression des acteurs locaux et des communautés riveraines de Kribi pousse à accélérer les négociations. La question reste ouverte : le Cameroun pourra‑t-il attirer un nouvel investisseur avant la fin de l’année fiscale ?

Dans les mois à venir, la capacité du pays à rebondir dépendra de la rapidité avec laquelle il mobilisera les ressources nécessaires pour remplacer le Hilli Episeyo. Une réponse coordonnée, mêlant volonté politique, financement externe et expertise technique, sera indispensable pour transformer ce revers en une opportunité de moderniser le secteur gazier et d’assurer une stabilité économique à plus long terme.

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