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Afrique·Économie·8 juil. 2026, 10:54

Cameroun relance l’inventaire de son patrimoine forestier : enjeux et perspectives

Le gouvernement camerounais lance une nouvelle cartographie de ses forêts, vingt ans après la première, pour mesurer le bois, la biodiversité et le carbone, et ainsi renforcer ses négociations avec les bailleurs internationaux.

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Le 8 juillet 2026, les autorités du Cameroun annoncent la reprise d’un projet d’envergure : un inventaire complet de son patrimoine forestier. Le pays, qui abrite le deuxième massif forestier du bassin du Congo après la République démocratique du Congo, se trouve à la croisée des défis climatiques et économiques. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la pression sur les ressources naturelles s’intensifie, et où les engagements internationaux en matière de carbone deviennent des leviers de financement.

Il y a une vingtaine d’années, le Cameroun menait déjà une première cartographie de ses forêts. Les données recueillies à l’époque, bien que précieuses, sont aujourd’hui dépassées. Les forêts ont évolué, les espèces ont migré, et les pratiques d’exploitation ont changé. Refaire l’inventaire permet de disposer d’une image actuelle, indispensable pour planifier une gestion durable et éviter les erreurs de calcul qui ont coûté cher à d’autres pays africains.

L’objectif principal est double. D’une part, il s’agit de quantifier les ressources en bois, tant en volume qu’en diversité d’essences, afin d’optimiser la filière forestière sans épuiser les réserves. D’autre part, le recensement doit fournir des données actualisées sur la faune et la biodiversité, ainsi que sur la capacité des forêts à stocker du carbone. Ces paramètres sont cruciaux pour mesurer l’impact environnemental du pays et pour valoriser les puits de carbone dans le cadre des mécanismes de compensation internationale.

Ces informations ne sont pas que du simple renseignement technique. Elles deviennent des outils de négociation avec les bailleurs de fonds. En disposant de chiffres fiables, le Cameroun pourra argumenter plus solidement lors des discussions sur les financements climatiques, les projets de REDD+ et les investissements privés dans l’exploitation forestière responsable. La transparence des données renforce la crédibilité du pays aux yeux de la communauté internationale.

« Nous devons connaître précisément la quantité et la variété du bois, ainsi que la capacité de nos forêts à absorber le carbone, afin de négocier avec les partenaires internationaux sur des bases solides », explique Georges Mouncharou, directeur de la coopération et de la programmation. Son propos souligne l’enjeu stratégique : l’inventaire n’est pas une fin en soi, mais le socle d’une politique forestière qui allie protection de l’environnement et développement économique.

Pour les Camerounais, la mise à jour de l’inventaire se traduit par des retombées concrètes. Une meilleure connaissance des ressources forestières ouvre la voie à une exploitation maîtrisée, qui peut créer des emplois locaux tout en préservant les écosystèmes. Les communautés vivant à proximité des forêts bénéficieront d’une gestion plus équitable, grâce à des programmes de suivi de la biodiversité qui intègrent leurs connaissances traditionnelles. Par ailleurs, la capacité de stockage du carbone, une fois chiffrée, pourra alimenter les projets de compensation carbone, générant ainsi des revenus supplémentaires pour l’État.

L’avenir de cette initiative repose sur la mobilisation de moyens techniques et financiers. Le gouvernement prévoit de collaborer avec des institutions scientifiques, des organisations non gouvernementales et des partenaires internationaux pour mener à bien le recensement. Les résultats, attendus d’ici la fin de l’année, seront publiés dans un rapport détaillé qui servira de référence pour les politiques forestières à moyen terme. En attendant, le Cameroun se positionne comme un acteur clé du bassin du Congo, prêt à transformer son capital naturel en un atout durable pour son développement.

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