Le Cameroun et les États-Unis ont tenu, le 27 août 2026 à Yaoundé, leur premier Dialogue économique et commercial bilatéral. Quatre secteurs étaient au menu : le numérique, l'agriculture, l'énergie et les mines.
Washington, représenté par le bureau des Affaires africaines du département d'État, a fait valoir un intérêt particulier pour les mines, la technologie et la fintech — trois secteurs où la partie américaine a également pointé des « rigidités réglementaires » : la réglementation des changes de la CEMAC, le cadre encore flou des fintech, et le régime minier camerounais.
Yaoundé a de son côté présenté plusieurs dossiers concrets, dont Grand Eweng, un projet hydroélectrique porté par l'américain Hydromine d'une puissance de 1 080 MW pour un investissement estimé à environ 3 milliards de dollars, ainsi qu'un futur aéroport de Douala et un projet de data center national souverain.
Deux conventions d'investissement, représentant plus de 10 milliards de FCFA, ont été signées à l'occasion entre l'Agence de promotion des investissements du Cameroun et des partenaires américains — un résultat concret, même si ses effets sur l'économie réelle restent à mesurer dans la durée.
En toile de fond, le retour du Cameroun dans l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) — dont le pays est exclu depuis le 1ᵉʳ janvier 2020 — a occupé une place centrale dans les discussions. Ce dispositif ouvre un accès sans droits de douane au marché américain pour plus de 1 800 produits, pour les pays qui y sont éligibles.
Ce premier dialogue marque un changement de ton dans la relation bilatérale, passée d'une logique d'aide publique à une approche centrée sur l'investissement privé — mais sa portée réelle dépendra de la capacité du Cameroun à lever les rigidités réglementaires identifiées par Washington, condition implicite d'un retour dans l'AGOA.




