938 milliards de FCFA : c'est le montant qu'ont transféré les Ivoiriens de l'étranger vers leur pays d'origine en 2025, davantage que l'aide publique au développement reçue par le pays sur la même période. Un chiffre qui a fini par convaincre Abidjan de changer de méthode pour capter cette manne.
Le gouvernement ivoirien émettra, au premier trimestre 2027, des Diaspora Bonds visant à lever jusqu'à 900 milliards de FCFA auprès de ses quelque 3 millions de ressortissants installés à l'étranger. Ces obligations financeront des projets d'infrastructures et des programmes sociaux inscrits dans le Plan national de développement 2026-2030, sous la supervision du ministère de l'Économie et des Finances, en lien avec la Banque africaine de développement.
Le principe n'a rien d'expérimental : le Nigeria et l'Éthiopie ont déjà utilisé ce type d'instrument pour mobiliser des milliards de dollars, transformant des transferts jusque-là dispersés en investissements structurants. La Côte d'Ivoire a également levé une restriction bancaire qui empêchait jusqu'ici les membres de sa diaspora d'ouvrir des comptes dans les banques commerciales du pays — un préalable technique indispensable à la réussite de l'opération.
La vraie différence entre un Diaspora Bond et un simple transfert d'argent tient au retour sur investissement : là où l'argent envoyé à la famille disparaît dans la consommation courante, l'obligation canalise l'épargne de la diaspora vers des routes, des hôpitaux ou des écoles, avec une promesse de rendement à la clé.
Reste l'inconnue de la confiance. Le Burkina Faso a montré la voie en juin 2026 en levant 151,5 milliards de FCFA auprès de sa propre diaspora, au-delà de son objectif initial — la preuve qu'un tel pari peut réussir quand la gouvernance du projet convainc. La Côte d'Ivoire, avec un objectif presque six fois supérieur, devra faire au moins aussi bien.




