LLV LE MAG
Cameroun·Actualité·1 juil. 2026, 16:16

Coupures à Douala : Socadel programme quatre jours de délestages, du 1er au 4 juillet

De ITBA à Bonanjo, en passant par Akwa Nord et les PK, plusieurs quartiers de la capitale économique seront privés de courant douze heures durant, entre le 1er et le 4 juillet 2026. Un calendrier de maintenance qui tombe alors que la nouvelle société publique tente encore de panser un réseau à bout de souffle.

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Illustration éditoriale pour Coupures à Douala : Socadel programme quatre jours de délestages, du 1er au 4 juillet

Douze heures dans le noir, quatre jours d'affilée. Voilà le programme que Socadel réserve à des dizaines de milliers de Doualais entre ce mercredi 1er juillet et le samedi 4 juillet 2026. Une routine, presque. Mais une routine qui pèse lourd dans une ville où l'usine, la boutique et le foyer vivent au rythme du compteur.

Le distributeur d'électricité l'assume sans détour : ces interruptions découlent de travaux de maintenance sur son réseau, avec un impact ciblé sur plusieurs secteurs de la capitale économique. Chaque journée concernée s'étale de 6 heures à 18 heures, plage horaire large qui recouvre l'essentiel de l'activité productive et commerciale.

Le calendrier ne laisse aucune place au doute. Ce mercredi, ce sont ITBA, Non Glace, Newtown, Shell Village et Bilongue qui sont plongés dans l'attente. Jeudi 2 juillet, la liste s'allonge considérablement : Usine Pasta, Bepele, Isembeck, Authentica, Ndobo, Bonendale, Kotto, Logbessou, UTI, Akwa Nord, Istama ou encore l'Hôpital Ad-Lucem Sable figurent parmi les zones touchées. Vendredi 3 juillet, le tour vient d'Hibiscus, du CEAC, du Lycée Joss, de Bonanjo, de Logpom Bassong, de l'axe PK8 à PK14, de Pindo, du Génie militaire, de Mbengue City et de Ndoghem. Samedi 4 juillet, les coupures se concentrent sur Hibiscus et le CEAC.

Comment ne pas y voir la marque d'un réseau à cran ? Ces annonces au compte-gouttes ne sont pas un accident isolé. Elles s'inscrivent dans un contexte électrique tendu, que la métropole vit dans sa chair. Quelques jours avant ce nouveau calendrier, la ville avait déjà connu un épisode brutal. Depuis le dimanche 28 juin 2026, des milliers de Doualais vivaient au rythme des coupures d'électricité, avec des usines à l'arrêt, des commerces dans le noir et des familles sans courant.

Le distributeur avait alors dû livrer bataille. Ce lundi 29 juin 2026, Socadel a publié un communiqué officiel dont le constat était globalement positif : 96 % de la ville était de nouveau alimentée en électricité, et 80 % des zones impactées le dimanche avaient été réalimentées. Un bilan rassurant sur le papier, mais qui laissait subsister des poches de résistance et surtout un mal plus profond.

Car derrière ces incidents à répétition se cache un nœud, au sens propre comme au figuré. Au-delà des défauts locaux, Socadel pointe un problème structurel majeur : la congestion critique du nœud de transport de Bekoko, point névralgique qui centralise et redistribue une part importante de l'énergie de la région du Littoral et qui souffre d'une saturation limitant les capacités de transit et retardant la relance totale du système. Autrement dit, tant que ce verrou ne saute pas, les rustines s'enchaîneront.

Il faut rappeler d'où vient cet opérateur pour saisir l'ampleur du défi. Socadel, la nouvelle Société Camerounaise d'Électricité, a été créée en mai 2026 pour succéder à Eneo. Un décret présidentiel signé par Paul Biya a officialisé la transformation, avec un capital de 43,9 milliards FCFA, un siège à Douala et l'État actionnaire unique à 100 %. Un retour de la puissance publique aux commandes d'un secteur stratégique, salué comme un tournant symbolique.

Mais l'héritage est lourd. Cette crise intervient dans un contexte particulier : entreprise publique créée en mai 2026, Socadel a hérité d'un réseau vieillissant et d'un déficit financier mensuel estimé à 13 milliards de FCFA. Les experts, eux, insistent sur un point souvent oublié : le problème du secteur électrique camerounais se situe moins dans la distribution que dans la production et le transport de l'électricité.

Pour l'habitant de Bonanjo comme pour le commerçant d'Akwa Nord, la question reste terre à terre : combien de calendriers de coupures encore avant que la lumière ne cesse de vaciller ? Ces quatre jours de délestages programmés diront, à leur échelle, si la jeune entreprise publique parvient à transformer les promesses de modernisation en courant continu. Les prochaines semaines, et l'état du nœud de Bekoko, apporteront un début de réponse.

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