Le 26 juin 2026, le Sénat de la République du Cameroun a accueilli le ministre de la Santé publique, qui a présenté les premiers résultats de la Couverture Santé Universelle (CSU), initiative lancée en 2023. Plus de 9 millions de Camerounais, soit près d’un tiers de la population, bénéficient désormais d’une prise en charge médicale élargie. Cette avancée, annoncée en plein cœur de la session parlementaire, a immédiatement suscité l’interpellation des sénateurs sur la pérennité du dispositif.
La CSU visait dès son lancement à garantir l’accès aux soins essentiels, en particulier aux populations les plus vulnérables. Parmi les mesures phares, la gratuité des soins de maternité a supprimé les barrières financières pour les femmes enceintes, tandis que la prise en charge du VIH/Sida et du paludisme a renforcé la lutte contre deux des principales causes de morbidité. Le programme a également prévu l’extension des centres de dialyse, répondant à un besoin criant dans les régions où les services rénaux étaient inexistants.
Devant les sénateurs, le ministre a détaillé les chiffres clés : plus de 9 millions de bénéficiaires, 1,2 million d’accouchements pris en charge gratuitement, 850 000 patients sous traitement antirétroviral, et 300 000 traitements antipaludiques distribués. Il a souligné que les nouveaux centres de dialyse, désormais au nombre de douze, permettent de réduire les déplacements des patients vers les grandes villes. Ces indicateurs, présentés comme des jalons, illustrent la progression rapide du projet en moins de trois ans.
Malgré ces succès, le Sénat a rappelé que le cadre juridique de la CSU reste incomplet. Les parlementaires ont demandé au gouvernement de consolider les textes de loi afin d’assurer la continuité du financement et la gouvernance du système. L’interpellation a mis en lumière le besoin d’une loi cadre qui intègre les partenaires sociaux, les assureurs privés et les autorités locales, afin d’éviter les disparités entre les régions.
Pour le citoyen camerounais, la CSU représente un bouclier contre la précarité médicale. La gratuité des soins de maternité a déjà permis à des milliers de femmes d’accéder à des accouchements sécurisés, réduisant les décès maternels. Le traitement du VIH/Sida, rendu gratuit, contribue à la réduction de la transmission verticale. En outre, la prise en charge du paludisme pendant la saison des pluies allège les dépenses des ménages, souvent contraints par des coûts imprévus.
Néanmoins, plusieurs obstacles subsistent. Le financement du programme dépend encore largement des aides extérieures et du budget national, dont la stabilité n’est pas garantie. Le manque d’infrastructures dans les zones rurales limite l’efficacité du réseau de santé, et la pénurie de personnel qualifié freine l’extension des services de dialyse. Sans une législation solide, les mécanismes de suivi et d’audit restent fragiles, exposant le système à des dérives potentielles.
Les sénateurs ont donc exigé un calendrier précis pour l’adoption du texte de loi, ainsi que la mise en place d’un comité de suivi multipartite. Les prochains mois seront décisifs pour transformer les avancées actuelles en un dispositif pérenne, capable de couvrir l’ensemble de la population d’ici la prochaine décennie. Les développements restent attendus, mais la dynamique amorcée depuis 2023 laisse entrevoir une ambition réelle d’un système de santé universel au Cameroun.




