20 % d'un côté, 30 % de l'autre : la loi de finances 2026 ajoute deux crédits d'impôt distincts au bénéfice des petites et moyennes entreprises camerounaises et de leurs investisseurs, confirme le ministère des Finances (Minfi).
Le premier dispositif élargit un mécanisme existant depuis 2017 : l'article 105 du Code général des impôts exonérait déjà de certaines charges fiscales et patronales les entreprises au régime réel recrutant un jeune Camerounais de moins de 35 ans, en CDI, CDD ou stage pré-emploi. La loi de finances 2026 y ajoute un crédit d'impôt de 20 % sur les charges exposées — salaires bruts, cotisations sociales (CNPS, FNE), frais de formation, équipement lié au poste —, et étend le dispositif aux nouveaux contrats d'alternance professionnelle, qui permettent à un jeune de partager son temps entre formation théorique et pratique en entreprise.
Le second cible directement l'investissement : un crédit d'impôt de 30 % sur les apports en capital réalisés par une personne physique au profit d'une PME, selon les critères de taille et de chiffre d'affaires fixés par la loi-cadre PME de 2010. Un apport de 10 millions de FCFA ouvrirait ainsi droit à 3 millions de FCFA d'allègement fiscal, ramenant le coût réel de l'investissement à 7 millions.
Reste que plusieurs zones d'ombre subsistent sur les deux dispositifs, en l'absence des décrets d'application attendus : aucun plafond par investisseur ou par entreprise n'est encore fixé, ni durée minimale de détention des parts, ni précision sur l'éligibilité des apports en nature ou de la diaspora. Sur ce point, le Minfi et les cabinets fiscaux qui ont décrypté la mesure s'accordent : les modalités précises restent à clarifier par arrêté ministériel avant toute application concrète à grande échelle.




