Sur les 252 830 nouveaux électeurs enregistrés au Cameroun entre janvier et août 2026, seuls 234 vivent à l'étranger. Le chiffre, communiqué le 1er septembre par le directeur général d'Elections Cameroun (Elecam), Erik Essoussè, a immédiatement relancé le débat sur la place de la diaspora dans la vie électorale nationale.
Clôturée le 31 août, la révision annuelle des listes électorales a porté le fichier national à 8 238 778 électeurs, un total encore provisoire avant les opérations de nettoyage destinées à retirer les doublons, les électeurs décédés et les inscriptions irrégulières. Rapportée à l'ensemble de la campagne, la part réservée aux Camerounais établis hors du pays reste dérisoire : à peine un nouvel inscrit sur mille réside à l'étranger.
Elecam avait pourtant affiché, sur son site officiel, l'ambition d'intensifier les inscriptions au niveau des représentations diplomatiques camerounaises pendant cette campagne. Au terme de huit mois de collecte, le score final, à peine supérieur à deux cents dossiers pour l'ensemble des pays d'accueil, interroge sur la portée réelle de ce dispositif consulaire face à une diaspora dispersée sur plusieurs continents.
Cet écart tranche avec l'attention institutionnelle par ailleurs accordée à cette diaspora. Le forum « Ensemble Back Home », prévu les 18 et 19 septembre à Paris, doit réunir plus de 400 participants autour des transferts annuels des Camerounais de l'étranger, estimés à 650 milliards de FCFA, pour les orienter vers l'investissement productif. L'État courtise ainsi l'épargne de sa diaspora tout en peinant à la convaincre de s'inscrire sur les listes électorales.
Le calendrier laisse encore une marge de rattrapage limitée. Les listes provisoires doivent être publiées au plus tard le 20 octobre, avant une liste nationale définitive arrêtée au 30 décembre 2026, une fois achevées les opérations de nettoyage du fichier. Ces échéances précèdent les scrutins municipaux et législatifs attendus en début d'année 2027.
Aucune disposition nouvelle n'a pour l'instant été annoncée pour élargir les points d'inscription à l'étranger avant la clôture définitive du fichier électoral. Le poids électoral de la diaspora camerounaise continuera donc de se mesurer, comme en 2026, à une poignée de dossiers déposés dans les ambassades, loin du rôle économique que Yaoundé lui reconnaît par ailleurs.




