Un ruban de plus pour une diplomate de la diaspora. Le vendredi 28 août 2026, Dr Arikana Chiedzo Chihombori, présidente de l'Association pour le développement de la diaspora africaine (ADDI), a été élevée au rang d'Officier de l'Ordre du Mérite de l'Administration et du Travail, avec l'agrafe « Amitié et Coopération », par les autorités burkinabè.
La distinction lui a été remise par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, au nom du président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré. Une cérémonie qui salue, selon le gouvernement, l'engagement de la responsable en faveur de la solidarité africaine et le soutien de son organisation à la trajectoire politique actuelle du Burkina Faso.
Née de la volonté de reconnecter les Afro-descendants à leurs racines continentales, l'ADDI s'est fait connaître ces dernières années par ses programmes de retour et d'investissement destinés à la diaspora noire américaine et caribéenne. Le Burkina Faso, engagé dans une rhétorique souverainiste depuis l'arrivée au pouvoir du capitaine Traoré, en a fait l'un de ses partenaires privilégiés sur ce dossier.
Le timing de la décoration n'est pas anodin. Trois jours plus tôt, le 31 août, le Conseil supérieur de la communication, régulateur burkinabè des médias, a autorisé deux médias panafricains à émettre depuis le pays : une chaîne de télévision et une radio en ligne portées par Pan-African News Networks Global (PANNG), un réseau également représenté par Dr Chihombori.
L'ADDI ne cache pas son ambition de bâtir, autour de ces outils médiatiques, un espace de diffusion continue de son discours panafricaniste, en écho aux positions défendues par plusieurs régimes de transition ouest-africains. Pour Ouagadougou, l'enjeu est aussi de disposer de relais capables de porter à l'international le narratif de l'Alliance des États du Sahel.
Chihombori s'est dite touchée par cet accueil, confiant lors de la cérémonie qu'il est « toujours un grand plaisir de parler du Burkina Faso au monde ». Au-delà du symbole protocolaire, la distinction consacre une relation bilatérale entre un pays en quête de nouveaux alliés hors des canaux diplomatiques classiques et une figure de la diaspora en quête de relais institutionnels sur le continent.




