Il aura fallu un décret vieux d'un siècle pour faire plier l'un des hôteliers les plus en vue de Douala. Par ordonnance de référé n°506/H du 23 juillet 2026, le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a sommé la société Djeuga Palace Hotel de libérer, sous 48 heures, un peu plus d'un hectare de terrain qu'elle occupe à Bonanjo — sur l'emprise de l'ex-REGIFERCAM. L'huissier Guy Efon a signifié la décision le 21 août à 16h34.
Le litige tient à une question de superposition de titres. Le terrain revendiqué — un hectare, sept ares et quatre centiares, sous le titre foncier n°2716/WA — appartient au domaine ferroviaire de l'ex-Régie des chemins de fer du Cameroun, protégé par un décret datant de 1926. Le 2 février 2026, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, avait tranché en ce sens en annulant le titre foncier n°318/WA détenu par Djeuga Palace, jugé empiéter sur ce domaine protégé.
Propriétaire de l'un des complexes hôteliers les plus en vue de Douala, Jean-Claude Feutheu — également député — dispute ce foncier stratégique de Bonanjo à l'État depuis plusieurs années.
L'annulation d'un titre déjà attribué reste rare au Cameroun. Ce précédent envoie un signal net à tous ceux dont les titres empiètent sur un domaine public protégé : la sécurisation foncière, longtemps théorique, commence à produire des effets concrets.




