Dans la nuit du 4 au 5 juin 2026, le quartier de Japoma, à Douala, a été le théâtre d’un meurtre qui secoue la communauté. Robert Mpondo Madiba, âgé de trente‑trois ans, a été piégé et assassiné dans des circonstances que les autorités locales qualifient de « jalousie ». Le drame, relayé par Capital FM et le quotidien Mutations, a déclenché l’arrestation de sept personnes, aujourd’hui placées sous mandat de dépôt à la prison centrale de Douala.
Selon les témoignages recueillis, la victime s’est rendue chez sa petite amie après que celle‑ci l’ait rassurée : son bailleur, avec qui elle entretenait également une relation, aurait quitté la ville. Convaincu d’une rencontre inoffensive, Mpondo a franchi le seuil du logement, ignorant les tensions qui couvaient sous la surface.
Sur place, un homme aurait signalé la présence de Mpondo, déclenchant l’arrivée d’une foule armée de machettes et de gourdins. Les assaillants l’ont accusé de banditisme, l’ont ligoté et l’ont laissé à la merci d’une violence collective. Le frère aîné, Robert Mbedi Nkot, alerté par un voisin, a découvert la scène : le corps était étendu, les mains et les pieds liés, entouré d’une assemblée hostile.
Mbedi Nkot affirme avoir reconnu deux hommes parmi les agresseurs, mais aucune explication ne lui a été fournie quant aux raisons de l’attaque. L’absence de motif clair alimente le climat d’incertitude, tandis que les autorités poursuivent leurs investigations. Le chef du village, Sa Majesté Moundi III David, a déclaré que l’incident était le fruit d’une machination orchestrée par le bailleur, jaloux de voir un autre homme fréquenter la chambre qu’il finançait.
Le même chef a pointé du doigt un vendeur de porc, surnommé « papa porc », qui aurait mis à contribution la machette qu’il utilise pour découper la viande afin de trancher le neveu de la victime. Cette révélation souligne la dimension symbolique de l’arme, transformée en instrument de vengeance personnelle. Le récit du chef, relayé par les médias locaux, montre comment des rivalités domestiques peuvent dégénérer en violences mortelles.
Gravement blessé, Mpondo a été transporté d’urgence à l’hôpital de district de Logbaba, où il a succombé à ses blessures. Son décès, survenu quelques heures après son arrivée, a déclenché une vague d’émotion parmi les habitants de Japoma et les habitants de Douala, qui redoutent une recrudescence de ce type d’incidents. L’enquête, toujours en cours, vise à identifier les responsables et à établir les responsabilités du bailleur et du « papa porc ».
Ce drame met en lumière la fragilité du tissu social dans les quartiers urbains camerounais, où la jalousie et les conflits de pouvoir peuvent rapidement basculer en tragédie. Pour les Doualais, il s’agit d’un appel à la vigilance et à la demande d’une justice rapide, afin d’empêcher que d’autres jeunes soient pris au piège d’une rivalité privée. Les autorités sont pressées de lever le voile sur les motivations exactes, afin de restaurer la confiance et la sécurité dans la communauté.




