Le 4 juillet 2026, la ville de Douala a vibré au rythme d’un rassemblement inédit : plus de deux cents jeunes, issus d’horizons variés, se sont retrouvés pour saisir les opportunités offertes par l’entrepreneuriat, à l’occasion de la Journée internationale des micro, petites et moyennes entreprises.
Organisé par l’Association des jeunes amateurs d’entrepreneuriat (AJAE), le « Meet Up Youth Impact » a offert une plateforme de réseautage où les participants ont pu échanger leurs idées, nouer des partenariats et accéder à des ressources concrètes. L’événement a été présidé par Pierre Marcel Bille, représentant du gouverneur du Littoral, soulignant l’appui institutionnel à cette dynamique.
Dimitri Balla, coordonnateur de l’activité, a rappelé que le réseautage constitue « un levier essentiel pour rompre l’isolement des entrepreneurs et accélérer la transition vers le secteur formel ». Cette phrase résume l’enjeu majeur : passer d’une activité informelle, souvent marginalisée, à une reconnaissance officielle qui ouvre la porte aux financements et aux marchés publics.
Les chiffres du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) confirment l’importance croissante de la jeunesse. En 2025, 42 % des PME créées sont portées par des jeunes de moins de 35 ans, contre 36,4 % en 2019. Le pays compte désormais 472 208 PME actives, soit une hausse de 6,5 % en un an, pour un total de 569 208 unités économiques formelles. Au total, 16 845 nouvelles PME ont été enregistrées cette année, dont 42 % sont l’œuvre de promoteurs jeunes.
Ces statistiques traduisent un potentiel d’emploi considérable : les nouvelles entreprises devraient générer près de 90 000 emplois prévisionnels. Pour un pays où le taux de chômage des jeunes dépasse les 20 %, chaque création d’entreprise représente une bouffée d’air frais, capable de réduire la précarité et de stimuler la consommation locale.
Cependant, le chemin vers la formalisation reste semé d’obstacles. L’accès au financement, la maîtrise des procédures administratives et la visibilité sur les marchés restent des défis majeurs. Le « Meet Up Youth Impact » a donc mis en avant la nécessité d’accompagner les jeunes porteurs de projets avec des programmes de formation, des guichets uniques et des incitations fiscales ciblées.
Si les initiatives comme celle de Douala continuent de se multiplier, le paysage économique camerounais pourrait connaître une transformation durable. Le pari est clair : transformer l’énergie et la créativité de la jeunesse en moteurs de croissance, tout en consolidant le tissu entrepreneurial déjà à la base de l’économie du pays.




