LLV LE MAG
Cameroun·Actualité·11 juil. 2026, 15:44

Douala : six morts dans l’effondrement d’un immeuble à Bonamoussadi

Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2026, un immeuble de deux étages s’est effondré à Bonamoussadi, faisant six victimes et laissant deux personnes encore ensevelies sous les décombres.

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Illustration éditoriale pour Douala : six morts dans l’effondrement d’un immeuble à Bonamoussadi

Au cœur de l’arrondissement de Douala V, la nuit du 10 au 11 juillet 2026, le silence habituel des rues a été brisé par le fracas d’un bâtiment qui s’est effondré, emportant six vies. Dans une ville qui compte plus de trois millions d’habitants, chaque tragédie urbaine rappelle la précarité qui plane sur de nombreux quartiers informels. Ce drame, survenu derrière l’hôtel Saint James à Bonamoussadi, vient s’ajouter à une série d’incidents liés à la dégradation du bâti.

L’immeuble de deux étages, jadis destiné à héberger des familles, était depuis longtemps abandonné et gravement détérioré. Dans la pénombre, les murs cédèrent, projetant un nuage de poussière sur les habitations voisines et déclenchant l’effroi des riverains. Les témoins ont décrit un grondement sourd suivi d’un craquement retentissant, avant que le bâtiment ne s’effondre en un amas de béton et de gravats, piégeant sous ses décombres ceux qui s’y étaient réfugiés.

Le bilan provisoire communiqué par la mairie de Douala indique que cinq corps ont d’abord été extraits – trois enfants, dont deux âgés de moins de dix ans, et deux adultes – avant que les équipes de secours ne découvrent un sixième corps, portant le décompte à six morts. Parallèlement, six personnes ont été sauvées, encore sous le choc, tandis que deux autres restent ensevelies, leurs familles attendant désespérément des nouvelles. Les secouristes, équipés de chiens de recherche et de caméras thermiques, poursuivent les fouilles, conscients que chaque minute compte.

Les autorités locales avaient déjà classé le bâtiment comme présentant un risque d’effondrement. Malgré l’évacuation officielle des anciens occupants, le lieu continuait d’abriter des familles originaires des régions du Nord du Cameroun et des jeunes de la rue, les « Nanga Mboko », qui y trouvaient un abri précaire. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le bâtiment, inachevé et dépourvu d’infrastructures de base, était devenu un point de rassemblement pour ceux qui n’avaient nulle part où aller, soulignant la crise du logement qui sévit dans la métropole.

Ce drame expose les failles d’un système d’urbanisme qui peine à suivre l’explosion démographique de Douala. La pression sur le marché immobilier pousse de plus en plus de ménages à occuper des structures délabrées, souvent sans autorisation et sans contrôle technique. L’absence de programmes de relogement, conjuguée à une surveillance municipale insuffisante, crée un terrain propice aux catastrophes. Le manque de financement pour la rénovation des quartiers informels accentue le sentiment d’abandon parmi les populations les plus vulnérables.

Pour les habitants de Bonamoussadi, la perte de proches et la peur d’un nouvel effondrement nourrissent une angoisse grandissante. Les organisations de la société civile, les associations de quartier et les leaders religieux ont déjà appelé à des inspections plus rigoureuses, à la sécurisation des bâtiments à risque et à la mise en place de solutions d’habitat décent. Ils réclament également une meilleure coordination entre les services de la mairie, la police et les ONG afin de prévenir de futures tragédies.

Alors que les équipes de secours poursuivent leurs fouilles, le pays se doit de transformer cette tragédie en un tournant décisif. Renforcer la gouvernance urbaine, investir dans la rénovation des quartiers informels et garantir que plus aucune vie ne soit sacrifiée sur l’autel de l’indifférence sont des impératifs. Cette sombre nuit de juillet doit devenir le catalyseur d’une politique de prévention ambitieuse, afin que chaque Camerounais puisse vivre en sécurité, loin des décombres.

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