À fin juin 2026, l'économie camerounaise affiche une croissance de 3,7 %, selon les données de conjoncture relayées par plusieurs sources. C'est le secteur hors-pétrole — industrie, agriculture, télécommunications, services financiers — qui tire l'activité, le pétrole restant sur une pente déclinante.
Le chiffre le plus favorable concerne les prix. L'inflation moyenne sur douze mois est retombée à 2,6 % en juin 2026, contre 4,1 % un an plus tôt, repassant sous le seuil de convergence de 3 % fixé au sein de la CEMAC.
Pour l'ensemble de l'année, les projections divergent. Les autorités camerounaises tablent sur une croissance de 4,3 %, portée par la bonne tenue du non-pétrole. Le Fonds monétaire international, plus prudent, retient 3,3 % pour 2026.
Le FMI accompagne d'ailleurs sa prévision d'une alerte sur la fragilité des finances publiques : le service de la dette et les arriérés de l'État pèsent sur la marge de manœuvre budgétaire, un point qui revient dans chacune de ses revues récentes.
L'écart entre 3,3 % et 4,3 % n'est pas qu'affaire de méthodes : il traduit deux lectures du même semestre, l'une misant sur la poursuite de la dynamique hors-pétrole, l'autre intégrant davantage les contraintes de financement et l'environnement extérieur.
La deuxième moitié de l'année tranchera. Elle dira si la croissance camerounaise se rapproche de la cible officielle ou si elle se cale sur le scénario plus conservateur du FMI — et si la maîtrise de l'inflation, elle, tient jusqu'à décembre.




