Ce 19 juin 2026, la salle de conférences 1036 a vibré d’une ambition partagée : le ministre d’État, chargé de l’Enseignement supérieur, le Professeur Jacques Fame Ndongo, a accueilli Madame Nelly Banaken Elel, commissaire à la promotion du genre et au développement humain de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Le décor était celui d’un dialogue où chaque mot semblait pesé, chaque geste, un pas vers une coopération plus étroite entre le Cameroun et la communauté régionale.
Entourés de leurs équipes, dont le Dr Ossene David, directeur de l’Éducation, de la Culture et du Développement technologique à la CEEAC, les deux parties ont parcouru les enjeux cruciaux qui lient l’enseignement supérieur à la dynamique sociale. Au cœur des échanges, la volonté affichée de faire converger universités, formation et marché du travail, afin de créer un véritable pôle d’excellence adossé à la réalité économique du bassin central africain.
Cette ambition s’inscrit dans le triptyque national qui guide la politique universitaire depuis la loi d’orientation du 25 juillet 2023 : « Assurance‑Qualité, Professionnalisation et Numérisation des enseignements, et Employabilité des diplômés ». Le texte législatif a consacré les concepts d’université‑entreprise et d’étudiant‑entrepreneur, ouvrant la porte à des modèles hybrides où la recherche académique se mêle aux exigences du secteur privé.
Dans le cadre de ce nouveau cadre, cinq axes de coopération ont été définis entre la CEEAC et le ministère des Enseignements supérieurs. Le premier, déjà mis en avant, vise à promouvoir le dialogue régional universitaire d’Afrique centrale sous l’égide de la CEEAC. Cette plateforme devrait permettre aux établissements camerounais de partager leurs bonnes pratiques, d’harmoniser les curricula et de favoriser la mobilité étudiante à travers la sous‑région.
Pour les étudiants camerounais, la perspective d’un réseau académique élargi se traduit par des opportunités concrètes : stages transfrontaliers, projets de recherche conjoints et programmes de double diplôme. Les universités, quant à elles, gagneront en visibilité et en attractivité, renforçant leur capacité à répondre aux exigences du marché du travail et à réduire le taux de chômage des jeunes diplômés.
Les implications sociales sont tout aussi majeures. En intégrant la dimension genre dès la conception des programmes, la coopération entend réduire les écarts d’accès à la formation supérieure entre hommes et femmes. Le partenariat avec la commissaire chargée du genre montre que l’égalité ne sera pas un simple slogan, mais un critère d’évaluation des projets financés par la CEEAC.
Alors que les discussions s’enclinent, le Cameroun se prépare à jouer un rôle moteur dans la construction d’un espace universitaire central africain résilient et innovant. Les prochains mois seront décisifs : la mise en place des structures de suivi, la publication des feuilles de route détaillées et le lancement des premiers projets pilotes annonceront la concrétisation d’une vision qui, jusqu’ici, ne tenait qu’à l’état de projet.




