Le 15 juillet 2026, la scène religieuse camerounaise est secouée par la décision d’interdire plusieurs églises de réveil. Au cœur du débat, Anne Féconde Noah, figure du Parti du Renouveau du Cameroun (PCRN), brandit la parole comme bouclier, dénonçant une persécution qui, selon elle, trahit les principes même de la laïcité du pays.
Les autorités invoquent officiellement des nuisances sonores comme justification de la fermeture. Noah, qui fréquente elle‑même une église de réveil, conteste fermement ce prétexte, affirmant que les plaintes de décibels sont manipulées et ne reflètent pas la réalité du terrain. « Ne soyez pas naïfs », écrit‑elle, rappelant que les voix qui s’élèvent contre le bruit proviennent de persécuteurs qui abhorrent la foi chrétienne.
Dans son discours, la politicienne rappelle que le Cameroun est un État laïc, garantissant à chaque citoyen le droit de choisir sa religion. Elle insiste sur le fait que la liberté de culte ne doit pas être sacrifiée sur l’autel d’intérêts personnels ou de préjugés, soulignant que la laïcité ne signifie pas l’interdiction de la pratique religieuse, mais son respect impartial par l’État.
Noah ne se contente pas de critiquer la décision ; elle accuse les opposants de vouloir éradiquer l’évangile, les qualifiant de « persécuteurs » dont l’objectif serait de faire taire la prédication du Christ. Elle évoque même des accusations graves, insinuant que certains détracteurs voient dans ces lieux de culte des « hauts lieux d’abominations » où, selon eux, des comportements immoraux seraient monnaie courante.
Les conséquences de cette fermeture se font déjà sentir. Les fidèles, privés de leurs lieux de rassemblement, voient leurs pratiques spirituelles perturbées, tandis que les tensions entre communautés religieuses et autorités risquent de s’accentuer. Le climat de méfiance pourrait nourrir des polémiques juridiques, chaque partie cherchant à faire valoir ses droits devant les tribunaux.
À ce jour, les représentants du gouvernement n’ont pas encore publié de réponse détaillée à ces accusations. L’absence de clarification officielle laisse le débat ouvert, alimentant les spéculations et les inquiétudes parmi les croyants qui craignent une dérive autoritaire sous couvert de laïcité.
L’enjeu dépasse la simple question du bruit : il s’agit d’un test de la capacité du Cameroun à concilier son identité laïque avec la diversité religieuse qui le caractérise. Pour que la société avance, un dialogue transparent entre les autorités, les leaders religieux et les citoyens s’impose, afin d’établir des règles claires qui protègent à la fois la liberté de culte et l’ordre public.




