Le 27 juin 2026, le Colonel Atonfack Guemo, chef de la cellule de communication du ministère de la Défense, a rappelé, lors de l’émission « Honneur et fidélité », que l’armée camerounaise ne se contente plus d’une posture cloisonnée : elle s’ouvre aux citoyens, crée des ponts, et se veut le « Creuset de l’Unité Nationale ». Cette déclaration s’inscrit dans une tradition qui, depuis plusieurs années, voit les casernes se transformer en espaces de rencontre avec le public.
Les journées portes ouvertes, les promotions en grade, les prises de commandement publiques et les campagnes d’information dans les établissements scolaires illustrent une volonté d’extrusion volontaire. En déployant ces actions, l’armée ne cherche pas seulement à se faire connaître ; elle veut ancrer sa légitimité dans le quotidien des Camerounais, en montrant que chaque tribu, chaque communauté, trouve sa place dans le dispositif de défense nationale.
Cette proximité permanente se traduit par une énergie collective où les forces armées puisent dans la diversité du pays. Le Colonel Guemo souligne que les populations apportent « la multitude et la variété des énergies » qui, une fois agrégées, permettent à l’armée d’opérer de façon harmonieuse. En d’autres termes, chaque région, chaque groupe ethnique contribue à la richesse opérationnelle de la défense, sans que son identité ne soit diluée ou édulcorée.
L’inclusion de toutes les tribalités constitue le socle de la légitimité populaire. En intégrant les spécificités culturelles et linguistiques dans les programmes de formation et de sensibilisation, l’armée se positionne comme un véritable miroir de la nation. Cette stratégie renforce la confiance des citoyens, qui voient leurs représentants militaires comme des acteurs à la fois protecteurs et respectueux de leurs particularités.
Le phénomène des salons de l’entreprise et des campagnes d’information dans les écoles crée également des opportunités économiques. Les jeunes exposés aux métiers de la défense découvrent des perspectives d’emploi, tandis que les entreprises locales bénéficient d’une visibilité accrue lors des événements militaires. Cette synergie économique participe à la stabilité sociale, en offrant des alternatives concrètes aux défis du chômage.
Pour le citoyen camerounais, la visibilité accrue de l’armée se traduit par un sentiment de sécurité renforcé. Savoir que les forces de défense sont présentes, accessibles et engagées dans le dialogue quotidien réduit les appréhensions liées à l’insécurité. Le lien armée-nation devient alors un facteur de cohésion sociale, où la confiance mutuelle se construit par l’échange et la transparence.
À l’horizon, le Colonel Guemo envisage que cette dynamique se poursuive, en consolidant les programmes d’ouverture et en élargissant les collaborations avec les acteurs civils. Une armée qui se montre proche de son peuple est mieux armée pour répondre aux défis sécuritaires, tout en consolidant l’unité nationale. Le chemin tracé par ces initiatives pourrait bien devenir le modèle de référence pour d’autres nations africaines cherchant à harmoniser défense et cohésion sociale.




